LE MANIFESTE D’UN SALAUD
Roch Coté
CA VA FAIRE! J’en
ai assez entendu. Après la tuerie de l’École Polytechnique, le 6 décembre
1989, les grandes orgues du féminisme m’ont déversé sur la tête leurs
tombereaux d’insanités. J’ai lu partout que je suis un salaud. Que j’ai
tiré à Polytechnique. Qu’en plus du cochon, il y a en moi un Marc Lépine
qui dort d’un œil seulement. Que je porte sur moi 25 siècles de haine
contre les femmes.
D’accord! Je suis
un salaud. Mais je ne me sens pas coupable et je ne demande aucun pardon.
Salaud et content de l’être.
Il ne reste qu’une
chose à faire, c’est de le manifester. Voici le manifeste d’un salaud.
Roch Coté
Salaud et content de l’être
MANIFESTE D’UN SALAUD
Que tes mains
soient bénies, car elles sont impures …
Que tes seins
soient bénis, car ils sont sacrilèges …
Que ton âme soit
bénie car, elle est corrompue !
Rémy de Gourmont
LE TABOU
L’impunité
Le tabou est la
chose du monde la mieux partagée.
Au 20e siècle,
chaque grande idéologie a généré les siens propres: le communisme, le
nazisme, le gauchisme, le tiers-mondisme, bientôt l’écologisme sans
compter l’anti-tabagisme, élevé au rang de cause sacrée lui aussi.
Un des plus solides
tabous a été engendré chez nous par le féminisme.
Qu’est-ce a dire?
Que le féminisme, en tant que doctrine, s’est élevé au rang de parole
sacrée.
La parole sacrée
ensuite fait taire.
Ne lui conviennent
que vénération, dévotion et célébration, celle-là assurée par ses grands
prêtres avec grand bruit de cabale. C’est la cabale des dévotes.
Cinq jours après le
massacre de l’École Polytechnique, le 6 décembre 1989, la présidente de la
Centrale de l’enseignement du Québec, Lorraine Pagé, nous apprenait que «
la vie est beaucoup plus en sécurité dans les choix des femmes que dans
les choix des hommes ».
Cette sentence a
été imprimée dans tous les journaux et reprise dans les médias
électroniques.
Personne na répondu
n’a cette énormité.
Supposons
maintenant qu’un homme, président d’une centrale syndicale, affirme qu’en
général les femmes ne sont pas fiables.
Qu’est-ce qui se
passerait?
Ce serait
l’hallali, mon vieux!
Manchettes
garanties dans tous les journaux, éditoriaux courroucés, crucifixion du
vilain.
Le sale mec serait
forcé de démissionner sur le champ et étiqueté une fois pour toutes comme
macho irrécupérable. Vomi.
Lorraine Pagé
pourtant s’est permis une déclaration bien pire encore.
La vie, nous
dit-elle, n’est pas très en sécurité dans les choix des hommes.
Tous les hommes
sont visés et pas sur un détail. La vie.
Quelques jours
après la tuerie de Polytechnique, cela veut dire que tous les hommes sont
plus ou moins assimilés à l’auteur du massacre.
Qu’est-il arrivé à
Lorraine Pagé après sa déclaration?
D’abord, je présume
qu’elle a été applaudie. Ensuite, rien.
Pas de méchants
éditoriaux, pas de demandes de démission, rien.
Il est normal
qu’une présidente de Centrale syndicale fasse une déclaration aussi
outrancière sur les hommes.
Pourquoi est-ce
normal pour une femme et pas pour un homme?
Pourquoi avoir fait
un procès au juge Dionne et laisser Mme Pagé déclarer en public son mépris
des hommes?
Parce que nous
vivons dans le tabou.
Parce que Lorraine
Pagé s’en est prise aux « mâles », ce qui est accepté.
Le péché, c’est de
tenir des propos équivalents sur les femmes.
Tout ce que peut
dire un chef de centrale syndicale sur les femmes en général ne peut être
que positif.
Lorraine Pagé
savait qu’elle pouvait lancer, sans conséquence pour elle, n’importe
quelle injure sur les hommes.
Moi je dis à cette
dame qu’elle a proféré une grossièreté.
Son jugement sur
les hommes est à classer dans la catégorie des propos racistes.
J’ajoute que les
commentateurs publics auraient du faire leur job: depuis quand laisse-t-on
passer pareils propos sans réagir?
Depuis qu’on est
dans le tabou, mon vieux!
Tout ce qui s’est
publié à la suite de l’affaire de Polytechnique a été couvert par le
tabou.
On a pu lire dans
les journaux les propos les plus extrêmes, sans l’ombre d’une réplique.
Une vraie kermesse:
le lancer de l’injure tous azimuts.
Je relève ces
propos plus loin dans ce livre.
CA VA FAIRE! J’en
ai assez entendu. Après la tuerie de 1’École Polytechnique, le 6 décembre
1989, les grandes orgues du féminisme m’ont déversé sur la tête leurs
tombereaux d’insanités. J’ai lu partout que je suis un salaud. Que j’ai
tiré à Polytechnique. Qu’en plus du cochon, il y a en moi un Marc Lépine
qui dort d’un œil seulement. Que je porte sur moi 25 siècles de haine
contre les femmes.
D’accord! Je suis
un salaud. Mais je ne me sens pas coupable et je ne demande aucun pardon.
Salaud et content de l’être. Il ne reste qu’une chose à faire,
c’est de le manifester. Voici le manifeste d’un salaud.
Roch Coté
Salaud et content de l’être
MANIFESTE D’UN SALAUD