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La « diabolisation » de l’homme violent
L’Enquête nationale sur les
violences envers les femmes en France
,
révèle qu’une femme sur dix est victime de violence conjugale. Souvent
traduit par « une femme sur dix est une femme battue », les différents
livres
,
articles et reportages sur le sujet, semblent montrer que la violence est
essentiellement le fait des hommes.
Les hommes peuvent être violents et l’être d’autant plus qu’ils
n’évaluent pas toujours les effets de leur violence. Parce qu’ils vivent
le fait d’être bousculés et malmenés physiquement comme un incident dont
ils peuvent s’accommoder - s’il ne se répète pas -, ils ont longtemps
négligé le traumatisme que peuvent ressentir les femmes agressées
physiquement par un homme. De même, parce que dans les relations sexuelles
les hommes peuvent accéder facilement au plaisir, ils ont eu tendance à
croire qu’il devait en être de même pour les femmes. Ainsi, pour de
nombreux hommes, faire l’amour à une femme équivalait souvent à la
violenter, et la violer était simplement la forcer un peu plus.
N’éprouvant pas de difficultés particulières dans pareil cas, ils avaient
tendance à penser qu’il en était de même pour les femmes : la différence
sexuelle était niée. Ils minimisaient l’agression et faisaient de la
fragilité féminine un défaut dont le sexe dit faible était responsable. Il
leur était alors facile d’y voir un signe de son infériorité.
Pendant le même temps, il était demandé aux femmes de parler aux hommes à
voix basse et en baissant les yeux. De nombreux machos en ont fait une
contrainte dont ils ont usé et abusé allègrement.
Pour réagir à des siècles de domination de l’homme et pour satisfaire la
revendication d’une égalité parfaite, les règles strictes concernant le
comportement spécifique des femmes ont été supprimées et celles qui
concernaient les hommes sont devenues plus exigeantes.
Aujourd’hui, les hommes n’arrivent pas davantage à ressentir la difficulté
d’une femme à se donner physiquement, ni le cataclysme que représente pour
elle la violence physique, mais, au moins, en écoutant les femmes qui en
parlent, arrivent-ils à le concevoir. Ils essaient d’être moins pressés et
moins brutaux. Tous n’y arrivent malheureusement pas encore, mais ils ont
accepté une législation qui punit sévèrement le harcèlement et le viol.
L’homme est maintenant davantage prêt à tenir compte de la spécificité
féminine. Pourtant alors que de plus en plus d’hommes semblent ne plus
vouloir inférioriser la femme, l’idéologie « féministe » égalitariste fait
comme s’il n’y avait plus de fragilité structurelle chez la femme,
(certaines féministes intégristes et maximalistes pour cette raison,
refusent même la galanterie), comme chez l’homme. L’éventuelle fragilité
des hommes ne supportant pas le regard ou les paroles sévères des femmes
ne viendrait que de leur mauvaise éducation. La fragilité physique des
femmes confondue avec leur souffrance psychique serait uniquement le
résultat de l’éducation sexiste et des multiples agressions qu’elles ont
subies. Cela leur donnerait d’ailleurs droit à réparation et justifierait
leur propre agressivité. En toute bonne conscience, l’idéologie
« féministe » peut ainsi approuver une législation unisexe (alors qu’elle
est surtout faite pour protéger les femmes) qui sanctionne gravement, et à
juste titre, la violence physique des hommes, mais qui par contre, libère
les femmes de toute retenue envers les hommes. Elles se retrouvent sans
limites, peuvent suivre leur nature et laisser aller leurs émotions. C’est
même devenu une recommandation. Sophie de Hérédia, ne titrait-elle pas
dans Cosmopolitan de septembre 2002 : « Cessez de contrôler vos
émotions. Exprimez-vous ! Pour éviter le stress, la dépression, les ennuis
de santé, il vaut mieux libérer de temps en temps la brute qui sommeille
en nous, tant pis pour les dommages collatéraux ». Dans cette nouvelle
jungle, l’agression de l’espèce mâle, si elle n’est pas physique, passe
ainsi pour un incident secondaire.
Souvent, les femmes qui ont des facilités à exprimer leurs sentiments,
demandent à leur partenaire d’avoir la même virtuosité qu’elles à parler
et à laisser aller leurs émotions. Elles semblent vouloir pénétrer le
psychisme de l’homme qui a des réticences à s’ouvrir. Alors que les
hommes, pour « avoir » le corps des femmes et le pénétrer, acceptent
maintenant de le caresser et de s’en occuper en préliminaires, les femmes
semblent vouloir pénétrer la tête de l’homme sans respecter des règles
d’approche. N’en ayant plus l’obligation, elles ne veulent plus passer du
temps à caresser son psychisme dont elles ne reconnaissent pas la
fragilité. Les hommes qui peuvent se sentir alors agressés se
recroquevillent davantage et se culpabilisent d’être frigides (dans leur
tête). Ainsi, à la demande de leur compagne, certains vont passer des
week-ends de développement personnel pour apprendre à laisser aller leur
féminité qu’ils possèderaient autant que les femmes mais qui serait
bloquée maladivement.
Parce qu’elles n’éprouvent pas la même fragilité psychique que les hommes
et qu’elles ne la conçoivent pas, certaines femmes n’en tiennent pas
compte. Elles se laissent parfois aller à des attitudes arrogantes qui
font l’effet d’un cataclysme chez l’homme fragile. Cette violence
psychique intense est d’autant plus traumatisante que l’homme n’arrive pas
lui-même à la reconnaître et à plus forte raison à l’expliquer.
Lorsqu’elle le touche - alors qu’il n’y a pas de raisons objectives - il
en a honte et a tendance à la nier. Ce qu’il vit comme un tremblement de
terre incompréhensible et qui n’est pas reconnu, provoque souvent chez lui
une réaction de colère qui accroît encore sa culpabilité. Celle-ci est
d’autant plus forte qu’il a pu, dans son emportement, avoir des paroles ou
des comportements qu’il sait inadmissibles. Ayant en général, réalisé le
mal qu’il pouvait faire en étant violent physiquement avec une femme et ne
comprenant pas lui-même la violence psychique qui l’atteint - parce
qu’elle ne laisse pas de traces visibles - il a honte. Comme beaucoup de
victimes dont le préjudice n’est pas reconnu, c’est lui qui enregistre, en
devenant le seul fautif, une deuxième humiliation.
Parce qu’ils continuent de dénier leur fragilité psychique mais qu’ils
veulent maintenant être en harmonie avec les femmes, les hommes ne veulent
plus soutenir des traditions dites « totalement dépassées ». Ils se sont
ralliés à la nouvelle législation et à l’idéologie féministe.
L’égalitarisme de celle-ci sous-entend que l’homme et la femme ressentent
de la même manière et avec la même intensité la violence psychique, mais
c’est encore une fois ne pas tenir compte de l’inconscient. En effet,
l’homme qui se sait limité et qui garde l’image d’une femme « déesse
toute-puissante » peut-il être à égalité avec une femme qui sait l’homme
limité et garde d’elle-même une image toute-puissante ? L’agression d’un
humain par une « déesse » et d’une « déesse » par un humain peut-elle
donner les mêmes effets ?
L’agressivité d’une femme envers un
homme le renvoie à la première castration. Tout petit, alors que la fille
continue de s’identifier à sa mère « toute-puissante », le garçon doit
renoncer à son désir primaire pour s’identifier à un autre, le père, qu’il
ne connaît pas et qui n’a rien de fascinant par rapport à la maman. Ce
petit homme a l’impression d’être lâché, floué et de n’être plus rien.
Cette terrible castration psychique est refoulée pour permettre au garçon
de se construire mais elle reste une blessure à jamais ouverte. La
cicatrisation se fait d’autant plus difficilement que dans une société où
la féminité est devenue l’idéal, il n’y a plus d’initiation pour lui
apprendre à devenir homme et plus rien pour lui permettre d’être fier de
l’être. Au contraire, revendiquer ce qui le distingue d’une femme est le
plus sûr moyen d’être déconsidéré. Aussi peu certain de savoir s’il est un
homme et même de savoir ce que c’est, toute remontrance vive le fait
douter de ce qu’il est. Le remettre en cause violemment ou lui dire « tu
n’es pas un homme » est plus que jamais un coup terrible et la pire des
insultes. Chaque confrontation à « la toute-puissance » féminine le
renvoie à son « impuissance ». Lui révéler qu’il est « con »
est intolérable parce qu’ayant subi la castration, il le sait et que,
comme tout humain rêvant de perfection, il refuse de le savoir.
La fragilité structurelle chez la
femme semble autre. Comme le reconnaît Elisabeth Badinter : « Dieu a
accordé aux femmes le privilège de naître d’un ventre du même sexe (…) et
leur a ainsi épargné tout un travail de différenciation et d’opposition
qui marque de façon indélébile le destin masculin
. »
La fille grandit sans être obligée de renoncer à ce à quoi elle s’est
identifiée. Il y a bien pour la fille une séparation à faire avec la mère,
mais elle ne s’impose pas au même stade de conscience. Avoir à se
différencier d’une personne du même sexe n’est pas forcément « un
privilège » pour la femme mais c’est un autre problème qui a d’autres
répercussions. Ne se pose-t-elle pas davantage de questions sur la femme
qu’elle doit être par rapport aux autres femmes, que sur le fait d’être
femme ?
L’ancienne idéologie a donné la
priorité à l’homme et à sa protection contre « le danger » qu’il voit dans
la puissance de « La femme ». En réaction, l’idéologie
« féministe » se préoccupe surtout de défendre la femme contre le pouvoir
de l’homme. Il y a ainsi passage d’un excès à un autre : alors que toute
distinction est stigmatisée, les nouvelles règles unisexes sont élaborées
dans le seul but de protéger les femmes contre la violence physique des
hommes. Au nom de « l’égalité » il n’est plus tenu compte de la fragilité
de l’homme face à la violence psychique. Le ressenti de la femme devant
cette violence devient la référence qui permet de fixer la loi tandis que
celui de l’homme est la marque de sa « non finitude ». Il est alors
demandé à celui qui n’a pas eu « le privilège de naître d’un ventre du
même sexe »
de faire un travail de développement personnel pour rattraper le retard
qu’il aurait pris sur la femme, tout en remerciant celle-ci de
l’indulgence dont elle fait preuve en attendant qu’il soit guéri.
La violence psychique qu’exercent les
femmes sur les hommes est niée et ces derniers, se retrouvant seuls
responsables des violences conjugales, sont diabolisés. Pourtant, si les
agressions verbales sont incluses dans les violences conjugales (comme
c’est le cas dans l’Envff
)
et placées sur le même plan que les autres violences physiques, « il se
peut, comme le reconnaissent le démographe Hervé Le Bras et la juriste
Marcela Iacub, que les hommes soient aussi nombreux à souffrir de ces
avatars de la vie commune »
...
Si d’autre part, les effets de la violence psychique chez les hommes sont
comparables à ceux de la violence physique chez les femmes, il se pourrait
aussi que le rapport sexe dominant - sexe victime ne soit pas aussi
simpliste que ce que l’idéologie dominante veut nous faire croire…
Le
féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté
TABLE DES MATIERES
Introduction
1ère partie
HISTOIRE D’UNE FEMINITE
FASCINANTE ET TERRIFIANTE
Chap.1 Le temps de la femme-déesse
Chap.2 L’invention du père, limite à la toute-puissance
féminine
Chap.3 La contestation du pouvoir autoritaire
masculin
Chap.4 L’explosion des années soixante
2ème partie
LE TRIOMPHE DE LA FEMINITE
ET DE L’IDEOLOGIE « FEMINISTE »
Chap.1 Des
femmes plus
présentes
Chap.2 Des
femmes à
égalité
Chap.3 Une
idéologie qui idéalise le
féminin
Chap.4 Une
idéologie « féministe » qui nie la différence des sexes
1) La difficulté des humains à assumer la
différence
2)
La différence présentée comme une construction
sociale
3)
La différence présentée comme le résultat d’une
évolution
4)
La différence non
assumée
Chap.5 Une
idéologie qui diabolise la différence masculine
1)
La « diabolisation » de l’homme au pouvoir
2)
La « diabolisation » de l’homme face à la tenue vestimentaire des
femmes
3)
La « diabolisation » de l’homme jaloux
Chap.6 Une
idéologie « gynocentriste » et « sexiste »
3ème partie
UNE SOCIETE SANS PERES
ET SANS REPERES
Chap.1 La fin de l’autorité des pères
Chap.2 Des enfants hors la
loi
Chap.3 Des enfants gâtés en manque de
manque
Chap.4 Des enfants dans l’impossibilité
d’apprendre
Chap.5 Des enfants auto-nommés peu
autonomes
Chap.6 Des enfants peu initiés qui s’auto-initient
Chap.7 Quand la non-violence engendre la
violence
Chap.8 L’idéologie « féministe » mère du
machisme
4ème partie
CHANGER DE DIRECTION
SANS RETOUR EN ARRIERE
Chap.1 « Souviens-toi de ton
futur »
Chap.2 Sortir de la fusion et de la
confusion
Chap.3 Des parents pour donner « des racines et des ailes » à
l’enfant
Chap.4 La fonction de mère et la fonction de
père
Chap.5 Jouer sérieusement sans se prendre au sérieux
Conclusion : Un projet à long terme : devenir adulte

