"En présence d'une aussi étroite réglementation, l'homme peut-il encore
se dire libre pour cette raison que la tyrannie qu'il subit est celle de
la loi? Sans doute la puissance légale ne porte pas le nom de tyrannie
parce qu'elle paraît établie dans un intérêt commun par la volonté
générale, et en tout cas parce que l'arbitraire a peu l'occasion de se
manifester. Mais le maître serait-il équitable, cela ne saurait empêcher
ses sujets d'être esclaves. [...] Et quand la servitude dure et que la
pensée se conforme à l'action, l'État devient totalitaire et la sujétion
est complète. Comme c'est une servitude légale, on continue à dire que
le régime est démocratique. C'est l'hypocrisie du langage politique."
Confronted with such a tight regulation, can man pretend to be free
because the tyranny he is subjected to derives from the law? Of course,
the legal power is not called "tyranny" since it appears to be
established by the general will in the common interest, and since, in
any event, occurrences of arbitrary power are infrequent. But a master's
equity does not mean that his subjects are not slaves. ... And when
their servitude lasts and their thoughts follow their behavior, the
state becomes totalitarian and subjection is complete. Since it is legal
servitude, the regime is still said to be democratic. Such is the
hypocrisy of political language.
-- Georges Ripert, Le Déclin du Droit. Etude sur la législation
contemporaine (Paris: Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence,
1949), p. 69.
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