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Dictionnaire de la condition masculine

Refuges pour hommes

On l’ignore souvent, mais il suffit à qu’une femme porte plainte contre son conjoint et se plaigne de s’être sentie menacée par lui pour, qu’à titre préventif, l’homme soit expulsé de son foyer. En attendant son procès, quelques mois plus tard, le prononcé du jugement de divorce ou que sa conjointe retire sa plainte, il devra…

· Continuer d’assurer sa part des dépenses du ménage auquel il n’a plus accès,

· Payer son avocat,

· Assurer son propre logement et sa subsistance,

· Payer une pension alimentaire pour enfants,

· Assumer les coûts associées à la visite parentale supervisée à laquelle la cour le condamne systématiquement,

· Remplacer les effets personnels auxquels il n’a pas accès et faire l’acquisition de meubles pour son nouveau logement.

C’est la période au cours de laquelle les albums de photo et le bâtons de golf disparaissent mystérieusement, qu’un nouveau conjoint s’installe à la place de l’ancien et se fait appeler papa par les enfants du couple séparé.

Dans une situation où aucun jugement ne confirme que la plainte qui avait été logée n’est fondée, on ne s’explique pas pourquoi c’est l’homme qui est soumis à l’inconvénient d’être expulsé de chez-lui. Si la plainte de violence conjugale devait être fondée, la conjointe ne serait-elle pas plus en sécurité dans l’un des nombreux refuges pour femme victimisées auquel seules les femmes ont accès.

Il est improbable que le tribunal de la famille accorde une garde partagée ou la garde au père lorsque celui-ci est en attente de procès pour une affaire de violence domestique. La garde des enfants, on doit bien le reconnaître, est accompagnée de nombreux avantages. Le paiement d’une pension alimentaire pour enfant, l’usage du domicile familial, de nombreux avantages fiscaux, l’accès privilégié à un logement subventionné. Puisqu’une femme qui porte des allégation de violence conjugale contre son conjoint profite d’avantages importants, ne faudrait-il pas craindre que de nombreuses allégations soient fausses et qu’elles soient utilisées pour anéantir l’adversaire au moment d’une rupture? Ne faut-il pas également craindre que les fausses allégations de violence domestique finissent par affaiblir un système qui, au départ, avait été créé pour protéger les véritables victimes d’un conjoint violent.

La campagne visant à enrayer une prétendue violence faite aux femmes et le fait que la moitié masculine de la population n’ait pas accès aux ressources visant à enrayer la violence domestique tracent le portrait d’un inacceptable préjugé anti-hommes.

Louise Riendeau, la porte-parole du Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour les femmes victimes de violence conjugale a déclaré qu’après la rupture du couple, les pères ne devraient plus avoir accès à leur enfant afin d’assurer la sécurité de leur ex-conjointe. La déclaration de madame Riendeau avait été rapportée dans un bulletin de nouvelles à la radio de Radio-Canada.

Les statistiques publiées par le Regroupement…  révèlent que moins de 25% des places disponibles dans les refuges pour femmes victimisées sont occupées par des femmes qui ont connu des problèmes de violence conjugale. Compte tenu que la violence domestique affecte aussi des hommes dans une proportion qui n’est pas négligeable, il est impossible de justifier que la totalité des ressources vouées à contrer le problème soient monopolisées par des organisations féminines.

Quand un homme est chassé de son foyer avec son enfant

Que ce soit à la suite de difficultés financières ou à la suite de la rupture du couple, quand un homme se retrouve à la rue avec son enfant, il n’a pas, parce qu’il est un homme, accès à une place dans un refuge. Pendant qu’il cherche une solution à son problème, l’enfant est placé, aux frais de son père, dans un foyer d’accueil.

Quand l’homme est modestement logé ou qu’il a obtenu l’hospitalité de proches et qu’il ne peut pas recevoir ses enfants à la maison

À cause des dépenses associées à une rupture, le père est parfois logé de façon tellement modeste qu’il se retrouve dans une situation où il ne peut pas recevoir son enfant pour le coucher lors des visites parentales. La situation devient gênante quand le père a demandé l’hospitalité à un proche que son enfant pourrait déranger.

Quand un homme habite loin de ses enfants et qu’il ne peut, quand il les visite, se permettre de loger à l’hôtel

Quand le père habite à l’extérieur de la ville, faut-il qu’en plus des coûts associés à son déplacement assumer le coût de location d’une chambre d’hôtel? Rappelons que pour chacune des difficultés qui nuit à l’exercice du rôle de père, il y a un enfant dont la relation qu’il entretient avec son parent est menacée.

Quand un enfant est hospitalisé et que le père visiteur habite à l’extérieur de la ville où son enfant est hospitalisé

Quand un enfant est hospitalisé et que son parent visiteur habite à l’extérieur de la ville où son enfant est hospitalisé, parce que le parent visiteur est un homme, il ne peut demander l’hospitalité ni à un refuge pour femmes victimes, ni au Manoir Ronald McDonald qui n’ouvre ses portes qu’aux parents gardiens des jeunes patients de l’Hôpital Sainte-Justine. Il doit choisir entre passer la nuit à l’hôtel, dans un refuge pour les itinérants ou sur un banc de parc.

Quand l’enfant est atteint d’une maladie grave qui nécessite plus qu’une visite occasionnelle à l’hôpital, il arrive que le père ait le choix entre garder son emploi et s’occuper de son enfant. Si le père choisit la deuxième solution et qu’il se retrouve sans logis, l’accès à un refuge pourrait le dépanner.

Quand à cause d’une situation de violence domestique, la sécurité de l’homme et celle de son enfant sont menacés

Quand ça barde à la maison et que le climat devient malsain, il est souvent préférable de s’éclipser quelques temps. Sans l’alternative d’un refuge, une situation tendue pourrait dégénérer et gonfler les statistiques de violence conjugale. Faut-il absolument attendre que ce soit la sécurité de la femme qui soit menacée pour qu’une solution soit proposée?

Quand la cour ordonne que la visite parentale soit supervisée, un refuge pour les hommes permettrait qu’elle dure plus longtemps que quelques heures

Pourquoi les visites parentales dont la Cour demande qu’elles soient effectuées sous supervision doivent-elles nécessairement ne durer que quelques heures? Avec un refuge pour les hommes, les visites supervisées pourraient s’échelonner sur une fin de semaine au complet.

Le sexisme est inacceptable

L’impossibilité d’évoquer la légitimité d’un refuge pour hommes indique l’importance du Paradigme de Maria Goretti et du sexisme qui le sous-tend. Pour peu qu’on cesse de le tolérer, le sexisme devrait disparaître. Impatientons-nous.