Content d'être un gars
Glad to be a guy
17 février 2004
Yves Pageau

Désormais, c'est maintenant. - From now on has started already.

Le féminisme de convenance

Un élu me confiait récemment que, dans le parti politique auquel il est associé, bien que la très vaste majorité des militants soient des hommes, des femmes réclament une place privilégiée au moment des élections. La place, au sein de l'appareil gouvernemental, elles peuvent l'avoir si elles la veulent, mais qu'elles la prennent d'abord. En faisant allusion au phénomène qui fait que les partis politiques courbent l'échine au moindre pleurnichement, les journalistes parlent maintenant de féminisme de convenance.

On a beaucoup pincé la corde sensible d'une prétendue "injustice faite aux femmes". C'est certainement par respect pour la condition de victime éplorée dont se réclament certaines fémisexistes qu'on accorde aux candidates ce qu'elles ne méritent pas. C'est certain qu'au petit bout de la lorgnette, quand on fait le décompte des membres du parlement, les ambitieuses ont tout à gagner. Elles occupent toutefois plus que leur proportion de députés au Conseil des ministres et dans la fonction publique et moins que leur proportion de députées auprès des militants des partis politiques. Tout ceci est une question de point de vue.

L'argument fallacieux entre tous, est que "les hommes" n'ont pas à se plaindre puisque nous serions sur-représentés auprès de l'appareil gouvernemental. Quand on est à ce point de mauvaise foi, on change de sujet. La Caisse de Dépot et de Placement serait une organisme masculin qui justifie, par symétrie, les dépenses gouvernementales consacrées à la Condition féminine.

La malhonnêteté du raisonnement indique à quel point celles qui se réclament du féminisme vivent dans une bulle où comptent seulement leurs intérêts. Si, selon elles, tous les élus pratiquent la discrimination basée sur le sexe, c'est qu'elles n'ont jamais douté qu'une fois élues, les femmes font abstraction des intérêts de la collectivité. Suivant cette logique, la discrimination sexuelle devrait-elle s'étendre au sexe des contribuables et aux infrastructures. Un gouvernement féministe ferait-il construire des trottoirs pour les hommes? D'ailleurs, on a déjà un hôpital nommé L'Hôpital mère-enfant?