Content d'être un gars
Glad to be a guy

5 janvier 2005
Yves Pageau

 

Désormais, c'est maintenant. - From now on has started already.

Quand est-ce que ça va être notre tour?

Michael est né en Pensylvanie dans une famille d'immigrants italiens. À l'époque où la guerre faisait rage au Vietnam, il avait un peu forcé sur les activités pacifistes. À Philadelphie, il avait cambriolé le bureau de conscription de l'armée américaine pour en faire disparaître la liste des conscrits. Il avait pensé qu'en traversant la frontière, il éviterait les interrogatoires trop musclés. Quand j'ai fait sa connaissance, c'était en 1975, j'habitait à Toronto.

Pour bien se mettre dans le contexte, il faut bien comprendre que 1975, c'était aussi l'année internationale de la femme. La propagande qu'on a subi cette année là, c'est à peine croyable. Un jour, je me souviens très bien, Micheal et moi faisions la file devant un cinéma de la rue Bloor. On y présentait le dernier film de Stanley Kubrick Barry Lyndon. Je me souviens très bien de quoi nous avions parlé ce soir là en attendant qu'on nous laisse entrer. On avait parlé de féminisme. Je me disais que ce serait peut-être une bonne idée de participer à la vague féministe. Micheal me l'avait déconseillé. Selon lui, il aurait été inconvenant que des hommes se mêlent de participer d'un mouvement qui, justement, consistait à s'affranchir du contrôle qu'exercent les hommes sur les affaires de la cité. Son opinion, comme d'habitude, était à-propos.

Pour être tout à fait honnête, 1975, c'était aussi l'année de Saturday night fever et je cherchais un moyen de rencontrer des filles. Je n'avais aucune envie de trémousser le popotin sur une piste de danse sous une boule faite en miroir.

Maintenant que le féminisme a fait son tour de piste, que ce serait au tour de la moitié masculine de la société de se donner la permission de parler d'elle, comment se fait-il que nous n'ayons pas droit à un très légitime retour d'ascenseur? Faut-il absolument qu'on cède le passage encore une fois et qu'on laisse à des femmes le soin de s'interroger sur les besoins des hommes?

- «Heu, excusez, madame, c'est parce que vous occupez ma place.»
- «Qu'avez-vous tant, M. Pageau, contre les femmes pour toutes les mettre dans le même panier, faisant ainsi la même erreur que vous reprochez au «féminisme sectaire» ?»
- «C'est parce que, vous m'avez mal compris madame. C'est juste que vous êtes assise dans mon fauteuil. Voyez, j'ai le billet. c'est mon siège. Je vous demande de dégager.»
- «Goujat!»

Il n'y a rien à faire. Faut-il absolument, quand on veut prendre sa place, manquer de savoir-vivre? Faut-il absolument que j'aie beaucoup souffert pour en être arrivé là? Croyez-le tant que vous voudrez mais c'est mon fauteuil et je ferai ce qu'il faudra pour pouvoir m'y asseoir.

Comment se fait-il que ce soit aussi compliqué? À l'occasion d'un événement qui s'intitule Paroles d'hommes, comment un homme qui ne désire rien d'autre que le droit d'exister peut-il démontrer qu'il ne cherche pas à interdire les paroles de femmes? Mânes de mes aïeux venez à mon secours car bientôt il sera trop tard.

Je n'oublierai jamais le dernier plan du film que nous étions allés voir ce jour là: un intertitre nous assurait que, de tous ceux dont nous avons suivi le drame au cours des trois dernières heures, personne n'a survécu.

***

Nuances de Sébastien Tremblay

Le Mouvement Égalitariste est composé d'hommes, de femmes et de parents concernés et engagés.

Notre but ultime est de mettre un frein à la désinformation et de construire une société solide, intelligente et consciente.