Content d'être un gars
Glad to be a guy

Le 6 juin 2005
Yves Pageau

 

Désormais, c'est maintenant. - From now on has started already.

Il faut être moche pour faire le beau

 Les hommes que la condition masculine et l'exercice de la paternité intéressent forment deux grandes famille. Il y a ceux qui reçoivent l'aide financière de l'État et ceux qui n'y ont pas droit.

Ceux qui reçoivent l'aide de l'État feignent adhérer à l'idéologie dominante; ils sont inféodés au féminisme d'État. À l'aide des subventions de l'État, ils offrent des services aux hommes qui, parce qu'ils ont été accusés par leur conjointe, sont désignés être des hommes violents. Ils proposent aussi des services de thérapie de la masculinité. Puisque la masculinité est une pathologie, c'est normal de vouloir la guérir. Jamais ces gens là ne parleront ni des intérêts de la caste des femmes ni du Pouvoir féminin. Lors de la messe du six décembre, ils occupent les premières places, celles qui sont réservées aux marguilliers. Quand ils sont invités à prendre la parole au prêche, ils parleront de patriarcat, de violence faite aux femmes et de discrimination systémique dont les femmes, toutes les femmes, sont les victimes. Ces gens-là sont des cloportes et des compagnons de route. On n'en voudrait pas dans sa maison.

Ceux qui n'ont pas droit à l'aide de l'État, pour leur part, sont des rebelles. Ils sont vertement critiqués dans l'entourage de la ministre de la famille. On ne leur pardonne pas de ne pas avoir honte, de fréquenter Content d'être un gars, d'oser critiquer le fémisexisme vertueux et de s'accorder les libertés langagières réservées aux femmes. Ainsi, si on parle librement de phallocratie jamais on ne pardonnera l'usage du terme vaginocratie. On parle volontiers de Patriarcat mais on ne pardonne pas de  faire allusion aux intérêts de la caste des femmes. Ces gens là sont barrés de la liste des amis de la ministre de la famille. S'ils espèrent qu'un jour l'État s'occupe d'offrir des services adaptés aux besoins spécifiques des hommes, c'est qu'ils devront d'abord dégommer la ministre et, au besoin, retirer le pouvoir à tous les gouvernements fémisexistes. Dans les circonstances, on comprend que le Pouvoir féminin trouve des défauts aux discours masculins.

L'antipathie qu'éprouvent les auxiliaires du Pouvoir féminin envers la grogne masculine est réciproque: les rebelles se méfient des auxiliaires du Pouvoir féminin. Ainsi, lorsqu'avait été formé le Comité de travail en matière de prévention et d'aide aux hommes, le comité qui est responsable de la rédaction du Rapport Rondeau, certain d'entre nous avions accueilli la nouvelle avec circonspections. La tradition gouvernementale, la liste des membres du comité ainsi que son titre sibyllin nous avaient amené à supposer que le comité ne tiendrait compte que des hommes violents et des suicidaires. Si, plus de 17 mois après le dépôt du rapport Rondeau, il demeure toujours «à l'étude» c'est sans doute parce que les recommandations qu'il contient transgressent la convention selon laquelle, pour mériter les ressources de l'État, les hommes doivent se conformer au rôle qui leur est assigné dans le sociodrame fémisexiste, soit celui d'agresseur.