La caste des femmes
C'est le 25 avril dernier, à l'occasion
de la commission des Affaires sociales que Jocelyne Caron, la députée de
Terrebonne, a parlé de la caste des femmes pour la première fois. Depuis lors,
le terme s'est répandu comme une traînée de poudre auprès des membres de la
fonction publique. On a rapporté qu'il ne laisse personne indifférent.
Quand un terme provoque la controverse,
que certains s'objectent à son utilisation, c'est généralement parce qu'on
refuse de reconnaître l'existence de la réalité qu'il désigne. Les mots sont
inoffensifs. Seule la réalité peut parfois être brutale. On se souvient qu'en
mars 2002, Sue Edelman, alors ministre responsable de la condition féminine au
Yukon avait été forcée de donner sa démission pour avoir désigné du terme
féminazies certaines féministes qui l'entouraient. Depuis, le nom de
l'organisme l'Après-rupture a été placé sur la liste noire du gouvernement du
Québec pour avoir publié un texte dans lequel on retrouve le terme honni.
La thèse que défend le féminisme d'État
est que la moitié féminine de la population souffrirait des effets d'une
conspiration masculine qui justifient que des privilèges et les ressources de
l'État lui soit consacrée. La réalité est toute différente. Selon la logique
féministe, la société serait constituée de deux groupes distincts, celui des
femmes et celui des hommes. L'égalité tant recherchée mais jamais atteinte ne
serait possible qu'en accordant sans cesse plus de privilèges à la moitié
féminine de la population. L'équation est absurde.
Dans les milieux proches du pouvoir, on
profite allègrement du marché de dupes que propose le féminisme d'État. On ne
permet à personne d'en dénoncer la supercherie. La démonstration de la
discrimination dont les femmes seraient les victimes est toujours facile à
faire. Il s'agit de citer une occurrence hors de son contexte sans même avoir
à en faire la preuve pour qu'aussitôt, la discrimination devienne une règle
universelle. Combien de fois a-t-on entendu dire que les femmes subissent une
intolérable discrimination parce qu'un plus grand nombre de femme que d'hommes
occupent un emploi au salaire minimum. Ta-dah. Fin de la démonstration, on
prend un autre appel. Le procédé n'est pourtant pas réversible. Si plus
d'hommes sont victimes de fausses allégations de violence conjugale, si
presque tous les payeurs de pension alimentaire vivent dans la misère, ça ne
serait que des cas individuels. Je serais curieux d'entendre la conversation
qu'auraient ensemble une féministe et un Témoin de Jéhovah.
Le gouvernement québécois a récemment
adopté une loi qui régit le travail des démarcheurs auprès de l'appareil
gouvernemental. Personne ne semble avoir remarqué que le féminisme n'est autre
chose qu'un formidable lobby qui ne défend pas nécessairement les intérêts de
la moitié féminine de la population mais toujours ceux de la caste des femmes.
Faudrait-il que la transgression à la loi que constitue l'existence du
féminisme d'État soit porté à l'attention des tribunaux pour qu'enfin tous les
citoyens soient traités équitablement?