Content d'être un gars
Glad to be a guy

Le 22 octobre 2005
Yves Pageau

 


Désormais, c'est maintenant. - From now on has started already.

La fatwa féministe

Le terme fatwa fait partie du vocabulaire courant depuis qu'en 1989, l'Ayatollah Khoméni a condamné à mort Shalman Rushdie, l'auteur du roman Les versets sataniques jugé irrévérencieux envers quelqu'un à qui il vaut mieux éviter de faire allusion. Les musulmans ont cette charmante habitude de condamner les gens sans leur offrir la possibilité d'une défense équitable.

Dans un texte récent, Yvon Dallaire réagit à l'invective dont il est l'objet de la part d'individus qui se disent féministe en établissant, encore une fois, une symétrie entre ce qu'il appelle le féminisme et une entité qu'il évite de définir et qu'il appelle les masculinistes. Yvon Dallaire commet une erreur importante car ce qu'il appelle les masculinistes n'est en fait qu'une interprétatiion féministe de la réalité. En se basant sur des prémisses qui n'ont aucun emprise sur le réel, tout l'argumentaire qui suit ne tient plus. J'invite Yvon à revoir son raisonnement à la lumière de ce qui suit.

Il faut bien comprendre que le terme féminisme désigne une foule de réalités disjointes les unes des autres. Il aurait fallu, au cours des années, inventer des termes qui établissent des distinctions entre ce que j'appelle les différents dialectes féministes. À défaut de l'avoir fait le terme ne veut plus rien dire. Il désigne à la fois la misandrie, une doctrine défendue pas un lobby gouvernemental, la suprématie féminine, une vision manichéenne de la réalité dans laquelle le bien est féminin et son contraire est masculin, la réalité de femmes qui ont vécu à une époque révolue comme celle des femmes qui vivent dans des pays éloignés.

Selon la doctrine qui se fait appeler le féminisme d'État, la moitié féminine de la population serait l'objet de discrimination systémique ourdie par ce qu'il est convenu d'appeler le Patriarcat. Selon le féminisme manichéen, l'ennemi du bien féministe est le mal masculiniste. On est ici dans une situation conflictuelle dont la seule issue serait l'anéantissement de l'adversaire. Le totalitarisme fémicentriste ne tolère pas la critique. On parle d'une infernale machine de guerre au féminisme. C'est la lutte des classe transposée en guerre des sexes. Il ne faut pas chercher plus loin. Le lexique est resté le même. On continue de décorer les Compagnons de route d'un ridicule Spoutnik féministe il n'y a que les rapports de forces qui ont été baptisés rapports de sexe. Ne cherchez pas à comprendre, c'est ainsi et c'est tout.

Dans l'autre coin sont ceux auxquels Yvon Dallaire fait allusion en parlant des masculinistes. Bien que personne ne l'ait jamais expliqué, on me rapporte qu'en mon absence, mon nom est devenu synonyme de masculiniste. Puisque je serais devenu, aux yeux de certains, le masculiniste officiel du Québec, je me permet d'en dire quelques mots.

Alors que le féminisme d'État préconise d'établir l'égalité pour les femmes en accordant sans cesse plus de privilèges à celles-ci et plus de contraintes à ceux-là, monsieur Dallaire devrait comprendre qu'il n'est pas question, pour un prétendu mouvement masculiniste dont j'incarnerais la direction, de se livrer à une escalade de la guerre des sexes. De ce point de vue, j'affirme adhérer totalement au dialecte féministe qui propose d'établir l'égalité entre les femmes et les hommes. Il faudrait s'interroger. Pourquoi les ténors du féminisme d'État crient-elles au scandale dès qu'on parle de reconnaître l'égalité réciproque des sexes? Pourquoi les ligues féministes ont-elles présenté un e pétition au Ministère de la santé pour que les recommandations du rapport Rondeau ne soient pas mises en application? Pourquoi le Conseil des montréalaises a-t-il mené une campagne auprès des élus municipaux de Montréal pour que soit rejeté le projet de résolution visant à désigner la journée de l'homme? À défaut d'une meilleure explication, je propose que le dialecte dominant du féminisme vise à établir la domination du Pouvoir féminin.

Dans ce contexte, on cherche à faire taire la critique en la discréditant. On a inventé le terme masculiniste. En l'utilisant, Yvon Dallaire sert la vision fémicentriste de la réalité. Sans doute a-t-il souhaité mettre en marché le terme farfelu d'hoministe. Je le soupçonne de chercher à contourner la grogne à laquelle je participe afin d'arriver le premier aux mamelles nourricières de l'État. Tôt ou tard elles mettront aussi des ressources à la disposition des besoins de la moitié masculine de la population. C'est rendre un bien mauvais service à la cause masculine que de chercher ainsi à diviser pour mieux régner.

Personnellement, je refuse de respecter le féminisme, une doctrine qui préconise le mépris des hommes, l'Apartheid féminin, refuse à la moitié masculine de la population les ressources nécessaires alors que celles qui leurs sont accordées sont, semble-t-il, sans limite.

En avril dernier, à l'occasion des manifestation qui ont entouré le congrès international Paroles d'hommes, les manifestants ont demandé ma mise à mort. Serais-je, moi aussi, l'objet d'une fatwa féministe? J'aimerais bien qu'on m'explique comment il se fait qu'une doctrine aussi barbare continue de recevoir l'appui de l'appareil gouvernemental comme s'il s'agissait d'une religion d'État. Non vraiment, ce féminisme là est méprisable.

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Salman Rushdie

One of the first famous fatwas was proclaimed in 1989 by the Iranian Ayatollah Ruhollah Khomeini, against Salman Rushdie‘s novel ’’The Satanic Verses’’. The argument related to an ostensibly blasphemous statement from an early biography of Prophet Muhammad, regarding incorporating pagan goddesses into Islam’s strongly monotheistic structure. Khomeini died shortly after issuing the fatwa. In 1998 Iran stated that it is no longer pursuing Rushdie’s death; however the decree was again reversed in early 2005 by the present theocrat, Ayatollah Ali Khamenei.

In 1991, Rushdie's Japanese translator, Hitoshi Igarashi, was stabbed and killed in Tokyo, and his Italian translator was beaten and stabbed in Milan. In 1993, Rushdie's Norwegian publisher William Nygaard was shot and severely injured in an attack outside his house in Oslo. Thirty-seven guests died when their hotel in Sivas, Turkey was burnt down by locals protesting against Aziz Nesin, Rushdie's Turkish translator.

More information related to reactions to "The Satanic Verses" can be seen at Salman Rushdie: The Satanic Verses controversy.