Le terme fatwa fait partie du
vocabulaire courant depuis qu'en 1989, l'Ayatollah Khoméni a condamné à mort
Shalman Rushdie, l'auteur du roman Les versets sataniques jugé
irrévérencieux envers quelqu'un à qui il vaut mieux éviter de faire allusion.
Les musulmans ont cette charmante habitude de condamner les gens sans leur
offrir la possibilité d'une défense équitable.
Dans un texte récent, Yvon Dallaire
réagit à l'invective dont il est l'objet de la part d'individus qui se disent
féministe en établissant, encore une fois, une symétrie entre ce qu'il appelle
le féminisme et une entité qu'il évite de définir et qu'il appelle les
masculinistes. Yvon Dallaire commet une erreur importante car ce qu'il appelle
les masculinistes n'est en fait qu'une interprétatiion féministe de la
réalité. En se basant sur des prémisses qui n'ont aucun emprise sur le réel, tout
l'argumentaire qui suit ne tient plus. J'invite Yvon à revoir son raisonnement
à la lumière de ce qui suit.
Il faut bien comprendre que le terme
féminisme désigne une foule de réalités disjointes les unes des autres. Il
aurait fallu, au cours des années, inventer des termes qui établissent des
distinctions entre ce que j'appelle les différents dialectes féministes. À
défaut de l'avoir fait le terme ne veut plus rien dire. Il désigne à la fois
la misandrie, une doctrine défendue pas un lobby gouvernemental, la suprématie
féminine, une vision manichéenne de la réalité dans laquelle le bien est
féminin et son contraire est masculin, la réalité de femmes qui ont vécu à une
époque révolue comme celle des femmes qui vivent dans des pays éloignés.
Selon la doctrine qui se fait appeler
le féminisme d'État, la moitié féminine de la population serait l'objet de
discrimination systémique ourdie par ce qu'il est convenu d'appeler le
Patriarcat. Selon le féminisme manichéen, l'ennemi du bien féministe est
le mal masculiniste. On est ici dans une situation conflictuelle dont la seule
issue serait l'anéantissement de l'adversaire. Le totalitarisme fémicentriste
ne tolère pas la critique. On parle d'une infernale machine de guerre au
féminisme. C'est la lutte des classe transposée en guerre des sexes. Il ne
faut pas chercher plus loin. Le lexique est resté le même. On continue de
décorer les Compagnons de route d'un ridicule Spoutnik féministe il n'y
a que les rapports de forces qui ont été baptisés rapports de sexe. Ne
cherchez pas à comprendre, c'est ainsi et c'est tout.
Dans l'autre coin sont ceux
auxquels Yvon Dallaire fait allusion en parlant des masculinistes. Bien que
personne ne l'ait jamais expliqué, on me rapporte qu'en mon absence, mon nom
est devenu synonyme de masculiniste. Puisque je serais devenu, aux yeux de
certains, le masculiniste officiel du Québec, je me permet d'en dire quelques
mots.
Alors que le féminisme d'État préconise
d'établir l'égalité pour les femmes en accordant sans cesse plus de privilèges
à celles-ci et plus de contraintes à ceux-là, monsieur Dallaire devrait
comprendre qu'il n'est pas question, pour un prétendu mouvement masculiniste
dont j'incarnerais la direction, de se livrer à une escalade de la guerre des
sexes. De ce point de vue, j'affirme adhérer totalement au dialecte féministe
qui propose d'établir l'égalité entre les femmes et les hommes. Il faudrait
s'interroger. Pourquoi les ténors du féminisme d'État crient-elles au scandale
dès qu'on parle de reconnaître l'égalité réciproque des sexes? Pourquoi les
ligues féministes ont-elles présenté un e pétition au Ministère de la santé
pour que les recommandations du rapport Rondeau ne soient pas mises en
application? Pourquoi le Conseil des montréalaises a-t-il mené une campagne
auprès des élus municipaux de Montréal pour que soit rejeté le projet de
résolution visant à désigner la journée de l'homme? À défaut d'une meilleure
explication, je propose que le dialecte dominant du féminisme vise à établir
la domination du Pouvoir féminin.
Dans ce contexte, on cherche à faire
taire la critique en la discréditant. On a inventé le terme masculiniste. En
l'utilisant, Yvon Dallaire sert la vision fémicentriste de la réalité. Sans
doute a-t-il souhaité mettre en marché le terme farfelu d'hoministe. Je le
soupçonne de chercher à contourner la grogne à laquelle je participe afin
d'arriver le premier aux mamelles nourricières de l'État. Tôt ou tard elles
mettront aussi des ressources à la disposition des besoins de la moitié
masculine de la population. C'est rendre un bien mauvais service à la cause
masculine que de chercher ainsi à diviser pour mieux régner.
Personnellement, je refuse de respecter
le féminisme, une doctrine qui préconise le mépris des hommes, l'Apartheid
féminin, refuse à la moitié masculine de la population les ressources
nécessaires alors que celles qui leurs sont accordées sont, semble-t-il, sans
limite.
En avril dernier, à l'occasion des
manifestation qui ont entouré le congrès international Paroles d'hommes, les
manifestants ont demandé ma mise à mort. Serais-je, moi aussi, l'objet d'une
fatwa féministe? J'aimerais bien qu'on m'explique comment il se fait qu'une
doctrine aussi barbare continue de recevoir l'appui de l'appareil
gouvernemental comme s'il s'agissait d'une religion d'État. Non vraiment, ce
féminisme là est méprisable.