Les choses n'ont pas tellement changé
pour moi depuis les quarante cinq dernières. Imaginez-moi à l'age de l'école
primaire. J'étais mignon comme tout je vous montrerai des photos. Quand je
pense à cette période de ma vie, les souvenirs qui me reviennent sont le chat
Grisou, le cri des passereaux qui inondent la fenêtre de ma chambre et
quelques autres détails comme de faire fâcher les filles pour qu'elles
s'occupent de nous. Narcissique dites-vous? Laisse faire les plans
relationnels multidimensionnels.
Les filles c'est les filles. Je ne
jouait pas avec ça les filles. Mais on avait aussi envie d'être en relation
avec elles alors on les taquinais. Remarquez que c'était pas bien difficile.
Ma soeur aux cheveux châtains ne tolérait pas qu'on tourne la tête pour
regarder dans sa chambre quand on passait devant la porte. Si, aujourd'hui,
j'ai une tendance à tourner la tête vers la gauche quand je marche, c'est que la
porte de la chambre de ma soeur était à gauche en rentrant de l'école. Le
truc, c'est de s'entraîner tous les jours. Ce n'est pas pour me vanter mais
regardez moi aujourd'hui. Si la taquinerie était un sport olympique, je serais
l'entraîneur des champions. Suivez les conseils d'un pro: entraînez-vous tous
les jours. Vous pouvez vous payer la tête des gens en déployant une politesse
appuyée et vous serez le seul à ricaner. Imaginez faire un baisemain à la
caissière de l'épicerie, lui demander son numéro en lui caressant les seins.
J'ai dit imaginez. À tous les jours, vous dis-je, il faut s'entraîner.
On passait nos étés à la campagne à
s'ennuyer vous pensez bien. Quand je dénichais une couleuvre sous des
feuilles, c'était la fête. La pauvre bête ne devait pas survivre à la fête
très longtemps quoique je me souvienne en avoir relâché quelques-unes dans la
nature. La fonction principale de la couleuvre est de faire crier les filles.
Je parie que vous l'aviez remarqué. «Viens ici je veux te montrer quelque
chose.» est une phrase qui a toujours fait fuir les créatures. Vous voyez
d'où ça vient maintenant? Ma soeur aux cheveux bruns avait cru se mettre à
l'abri de l'animal en s'embarrant dans la chambre des filles pour mieux crier
son effroi. J'avais permis à la couleuvre de se faufiler sous la porte barrée
de la chambre des filles dans laquelle se trouvait ma soeur aux cheveux bruns.
Vous auriez dû l'entendre. J'en ai encore des spasmes d'hilarité. Il y a des
moments comme celui-là qu'on est forcé de mettre dans l'album des souvenirs
qu'on emportera avec soi. Pour qu'ils nous survivent, il faut s'empresser d'en
parler aux héritiers de notre mémoire. Aujourd'hui, je fais un legs.
Bien des années plus tard, je continue
de faire ce que j'ai fait de mieux dans ma vie: glisser une couleuvre sous la
porte barrée de la chambre des filles. Vous n'alliez tout de même pas imaginer
que les quelques blagues de mauvais goût au sujet des féministes qu'on
retrouve sur Content d'être un gars ne sont autre chose qu'un appel des
phares. Il faudrait être vraiment tordu pour penser autrement. On aimerais ça
qu'on accepte de nous adresser la parole. Ça nous permettrait de nous faire
croire que nous existons. En plus, vous semblez l'oublier, mesdames des ligues
féministes, la mission du féminisme est d'éliminer les différences entre les
femmes et les hommes. Vous ne pensez pas qu'en accomplissant cette mission
sans la participation de vos partenaires masculins, vous commettez une fraude
énorme? C'est exactement le contraire de la mission qui vous avait été
confiée.
Il n'y a même pas d'écho. Pas de
dialogue, que des attaques et des accusations. On a beau leur dire qu'ils
commettent une fraude, ils font semblant de ne pas nous entendre. Vous
cherchiez une agence gouvernementale sexiste? Je vous présente le Conseil du
statut de la femme. Le mieux qu'on puisse espérer des mafieuses est une mise
en demeure nous intimant de supprimer un texte à leur sujet. Pour le reste,
les bougresses fonctionnent en vase clos. Avec qui sont-elles en
communication?
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Avec des fonctionnaires qui demandent
au CSF d'approuver toute législation. Vous imaginez? On est à Versailles et
le Cardinal machin est devenu plus puissant que le roi.
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Avec des représentantes des groupes
de pression féministes qui se vantent d'avoir des contacts en haut lieu pour
obtenir une augmentation de leurs revenus.
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Avec des universitaires pelleteux de
nuage qui dissertent longuement pour arriver à la conclusion que leur dicte
le dogme féministe.
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Avec le maître d'hôtel du restaurant
favori de madame la présidente où elle s'attable avec des copines à tous les
jours sur le bras de l'État. Vous ne pensiez quand même pas que c'est la ménopause qui avait fait
tous ces dommages là? La maladie s'appelle compte-de-dépense et le remède
s'appelle liposuccion.
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Avec la ministre de la condition
féminine ou avec Josée Perron, l'attachée politique de madame la ministre
Théberge.
Avouons que les rapports qu'entretient
le Conseil du statut de la femme avec le reste du monde ne sont pas très
cordiaux. L'organisme a déposé une plainte au Conseil de Presse du Québec
contre le journaliste Benoît Dutrizac. Pour justifier son antagonisme envers
les intérêts de la moitié masculine de la population, le CSF a inventé un
nouveau vocable, masculiniste, pour désigner ceux qui demandent
l'égalité entre les hommes et les femmes alors que le CSF demande l'égalité
entre les femmes et les hommes. La Gazette des femmes, l'organe
officiel du CSF défend une notion sectaire du féminisme qui présente tous les
hommes comme les ennemis du féminin-progressisme.
Ça la fout mal. L'organisme n'est pas
très populaire. On en entend souvent dire du mal et jamais on en entend
quelqu'un qui n'y travaille pas en dire du bien. Quand on se demandera si on
doit le maintenir, on se souviendra de Diane Lavallée
maquillée comme une pute qui veut se donner les airs d'une dame respectable,
habillée comme une bonne soeur et qui répète avec sa gueule de croquemort que
les hommes n'ont pas de problèmes. On se dit qu'on n'a vraiment pas besoin de
payer quelqu'un aussi cher juste pour nous faire chier.