Content d'être un gars
Glad to be a guy

Le 2 janvier 2006
Yves Pageau

  

 


Désormais, c'est maintenant. - From now on has started already.

La grosse classe

Les choses n'ont pas tellement changé pour moi depuis les quarante cinq dernières. Imaginez-moi à l'age de l'école primaire. J'étais mignon comme tout je vous montrerai des photos. Quand je pense à cette période de ma vie, les souvenirs qui me reviennent sont le chat Grisou, le cri des passereaux qui inondent la fenêtre de ma chambre et quelques autres détails comme de faire fâcher les filles pour qu'elles s'occupent de nous. Narcissique dites-vous? Laisse faire les plans relationnels multidimensionnels.

Les filles c'est les filles. Je ne jouait pas avec ça les filles. Mais on avait aussi envie d'être en relation avec elles alors on les taquinais. Remarquez que c'était pas bien difficile. Ma soeur aux cheveux châtains ne tolérait pas qu'on tourne la tête pour regarder dans sa chambre quand on passait devant la porte. Si, aujourd'hui, j'ai une tendance à tourner la tête vers la gauche quand je marche, c'est que la porte de la chambre de ma soeur était à gauche en rentrant de l'école. Le truc, c'est de s'entraîner tous les jours. Ce n'est pas pour me vanter mais regardez moi aujourd'hui. Si la taquinerie était un sport olympique, je serais l'entraîneur des champions. Suivez les conseils d'un pro: entraînez-vous tous les jours. Vous pouvez vous payer la tête des gens en déployant une politesse appuyée et vous serez le seul à ricaner. Imaginez faire un baisemain à la caissière de l'épicerie, lui demander son numéro en lui caressant les seins. J'ai dit imaginez. À tous les jours, vous dis-je, il faut s'entraîner.

On passait nos étés à la campagne à s'ennuyer vous pensez bien. Quand je dénichais une couleuvre sous des feuilles, c'était la fête. La pauvre bête ne devait pas survivre à la fête très longtemps quoique je me souvienne en avoir relâché quelques-unes dans la nature. La fonction principale de la couleuvre est de faire crier les filles. Je parie que vous l'aviez remarqué. «Viens ici je veux te montrer quelque chose.» est une phrase qui a toujours fait fuir les créatures. Vous voyez d'où ça vient maintenant? Ma soeur aux cheveux bruns avait cru se mettre à l'abri de l'animal en s'embarrant dans la chambre des filles pour mieux crier son effroi. J'avais permis à la couleuvre de se faufiler sous la porte barrée de la chambre des filles dans laquelle se trouvait ma soeur aux cheveux bruns. Vous auriez dû l'entendre. J'en ai encore des spasmes d'hilarité. Il y a des moments comme celui-là qu'on est forcé de mettre dans l'album des souvenirs qu'on emportera avec soi. Pour qu'ils nous survivent, il faut s'empresser d'en parler aux héritiers de notre mémoire. Aujourd'hui, je fais un legs.

Bien des années plus tard, je continue de faire ce que j'ai fait de mieux dans ma vie: glisser une couleuvre sous la porte barrée de la chambre des filles. Vous n'alliez tout de même pas imaginer que les quelques blagues de mauvais goût au sujet des féministes qu'on retrouve sur Content d'être un gars ne sont autre chose qu'un appel des phares. Il faudrait être vraiment tordu pour penser autrement. On aimerais ça qu'on accepte de nous adresser la parole. Ça nous permettrait de nous faire croire que nous existons. En plus, vous semblez l'oublier, mesdames des ligues féministes, la mission du féminisme est d'éliminer les différences entre les femmes et les hommes. Vous ne pensez pas qu'en accomplissant cette mission sans la participation de vos partenaires masculins, vous commettez une fraude énorme? C'est exactement le contraire de la mission qui vous avait été confiée.

Il n'y a même pas d'écho. Pas de dialogue, que des attaques et des accusations. On a beau leur dire qu'ils commettent une fraude, ils font semblant de ne pas nous entendre. Vous cherchiez une agence gouvernementale sexiste? Je vous présente le Conseil du statut de la femme. Le mieux qu'on puisse espérer des mafieuses est une mise en demeure nous intimant de supprimer un texte à leur sujet. Pour le reste, les bougresses fonctionnent en vase clos. Avec qui sont-elles en communication?

  • Avec des fonctionnaires qui demandent au CSF d'approuver toute législation. Vous imaginez? On est à Versailles et le Cardinal machin est devenu plus puissant que le roi.

  • Avec des représentantes des groupes de pression féministes qui se vantent d'avoir des contacts en haut lieu pour obtenir une augmentation de leurs revenus.

  • Avec des universitaires pelleteux de nuage qui dissertent longuement pour arriver à la conclusion que leur dicte le dogme féministe.

  • Avec le maître d'hôtel du restaurant favori de madame la présidente où elle s'attable avec des copines à tous les jours sur le bras de l'État. Vous ne pensiez quand même pas que c'est la ménopause qui avait fait tous ces dommages là? La maladie s'appelle compte-de-dépense et le remède s'appelle liposuccion.

  • Avec la ministre de la condition féminine ou avec Josée Perron, l'attachée politique de madame la ministre Théberge.

Avouons que les rapports qu'entretient le Conseil du statut de la femme avec le reste du monde ne sont pas très cordiaux. L'organisme a déposé une plainte au Conseil de Presse du Québec contre le journaliste Benoît Dutrizac. Pour justifier son antagonisme envers les intérêts de la moitié masculine de la population, le CSF a inventé un nouveau vocable, masculiniste, pour désigner ceux qui demandent l'égalité entre les hommes et les femmes alors que le CSF demande l'égalité entre les femmes et les hommes. La Gazette des femmes, l'organe officiel du CSF défend une notion sectaire du féminisme qui présente tous les hommes comme les ennemis du féminin-progressisme.

Ça la fout mal. L'organisme n'est pas très populaire. On en entend souvent dire du mal et jamais on en entend quelqu'un qui n'y travaille pas en dire du bien. Quand on se demandera si on doit le maintenir, on se souviendra de Diane Lavallée maquillée comme une pute qui veut se donner les airs d'une dame respectable, habillée comme une bonne soeur et qui répète avec sa gueule de croquemort que les hommes n'ont pas de problèmes. On se dit qu'on n'a vraiment pas besoin de payer quelqu'un aussi cher juste pour nous faire chier.