Content d'être un gars
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11 mars 2004
YP

Désormais, c'est maintenant. - From now on has started already.

Les mauvaises idées n’ont pas d’avenir

Ceux qui, comme moi, sont assez grisonnants pour savoir que le latin n’est pas seulement un rythme sud-américain savons que nous vivons le début d’une mutation du féminisme. Si je parle d’une mutation, c’est par délicatesse. Pour être tout à fait honnête, je devrais plutôt parler du déclin du féministe hargneux et mesquin qu’incarne le Conseil du statut de la femme.

Cette année, les célébrations entourant la Journée internationale de la femme ont été marquées par l’indifférence générale. C’est une affiche qui annonçait «LA RIPOSTE DES FEMMES» qui conviait les militantes à une manifestation syndicale à laquelle, ce sont les journalistes qui l’ont rapporté, participaient 5000 personnes. À l’assemblée Nationale, la députée Jocelyne Caron, pour sa part, parlait de 12 000 participants. Madame Caron n’en est pas à sa première exagération. Le 5 décembre dernier, elle avait plaidé devant ses collègues que ce sont 600 femmes et enfants qui ont été assassinés depuis décembre 1989. Madame Caron avait cependant omis de préciser si les auteurs de ce massacre sont connus et si tous ces crimes ont été résolus. Son argument ne visait qu’à appuyer le Paradigme de Maria Goretti.

Si, le 8 mars, les journalistes se sont interrogés sur la pertinence de maintenir le Conseil du statut de la femme, c’est que, quelques jours plus tôt, Michelle Courchesne, la ministre responsable du dossier, avait annoncé son intention de créer un Commission parlementaire qui entendrait celles qui ont un point de vue à exprimer sur la question de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Sans préciser en quoi consiste l’égalité souhaitée, la ministre s’est empressée de rassurer celles que la question inquiète qu’il n’est pas question de faire disparaître le Conseil du Statut de la femme puisque l’égalité à laquelle elle fait allusion est celle des femmes. Trouvez l’erreur. Pour diriger la Comission parlementaire, madame Courchesne a formé un comité constitué de cinq féministes engagées, toutes des femmes. Le Comité sera présidé par Diane Lavallé, la présidente du Conseil du statut de la femme.

Il y a fort à parier que l’entourloupette à laquelle personne ne croit accouchera d’un autre rapport dont les conclusions favoriseront encore une fois les fémisexistes dont les revenus dépendent des subsides de l’État. Puisque c’est d’égalité dont il sera question lors de la Commission parlementaire, il ne faudra pas oublier de rappeler que les organismes qui offrent des services à des hommes ne reçoivent pas d’aide de l’État alors que ceux qui ont eu l’idée de s’occuper de femmes ne sont jamais à court de ressources. Lequel des deux points de vue sera le mieux représenté lors de la Commission parlementaire? Sans doute celui qui est le mieux financé, toutes choses étant égales par ailleurs.

Lors de la même conférence de presse, la ministre responsable des relations avec les citoyens déclarait ne plus être disposée à tolérer l’expression de points de vue critiques envers le féminisme qu’elle défend. Sans indiquer ni à qui ni à quoi elle faisait allusion, Michelle Courchesne a vaguement fait allusion à ce qu’elle désigne comme « des groupes masculinistes » qui diffusent de l’information sur Internet. Elle a également déclaré que la critique du féminisme serait de la misogynes et des propos haineux envers « les » femmes.

En évitant de nommer ceux qu’elle accuse de « participer à un phénomène social qui a assez duré », la ministre semble reconnaître qu’elle est incapable d’agir pour faire cesser ce qu’elle qualifie d’inacceptable.

La ministre a également déclaré que la Commission parlementaire sur l’égalité des sexes qui est prévue à l’automne sera l’occasion de recevoir l’avis de tous mais elle a également ajouté qu’elle en profiterait pour faire comprendre à ceux qu’elle appelle les «masculinistes» que leur opinion est irrecevable.

«Et je vous dirais que l’avantage pour moi de cette commission parlementaire est d’écouter l’ensemble des intervenants.  C’est certainement, peut-être (1) pour faire comprendre à ces hommes qu’au fond ils sont peut-être (2) pas dans la bonne voie, qu’ils ont peut-être (3) un caractère marginal, qui est plus nocif que aidant, y compris pour eux-même!»

L’exercice s’annonce stérile et la ministre responsable des relations de l’État avec les citoyens ne semble disposée à entretenir des relations qu’avec les citoyens de sexe féminin qui partagent son point de vue.

Le prochain remaniement ministériel sera sans doute l’occasion de nommer quelqu’un d’autre au ministère que madame Courchesne dirige avec une maladresse peu commune. L’impopularité du gouvernement Charest n’est pas étrangère à la piètre stratégie de communication qui le caractérise. Les nombreuses contradictions que madame Courchesne n’a pas réussi à camouffler en font partie.