Content d'être un gars
Glad to be a guy
12 mars 2004
Christian Chantigny

Désormais, c'est maintenant. - From now on has started already.

Piège

« C’est certainement, peut-être pour faire comprendre à ces hommes qu’au fond ils sont peut-être pas dans la bonne voie, qu’ils ont peut-être un caractère marginal, qui est plus nocif que aidant, y compris pour eux-mêmes! »

Quelle condescendance dans les propos que tenait madame Michelle Courchesne, ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, le 26 février dernier lors d’une conférence de presse qui s’est transformée en charge à fond de train contre le « masculinisme ». Les journalistes, les lecteurs de  nouvelles et les éditorialistes devaient sans doute en avoir plein les bras avec le scandale des commandites et d’autres propos méprisants -  ceux de Jean Pelletier peut-être - puisque cela n’a semblé choquer personne.  

Mais au-delà de ses propos disgracieux et de l’indignité de son tapage de pied de petite enfant gâtée, la prestation de madame la ministre a tout de même mis en relief deux vérités essentielles dont devra inévitablement s’inspirer le mouvement masculiniste. Car je considère que ce mouvement existe bel et bien et qu’il doit être ainsi nommé, sans honte.

Réglons d’abord le cas de la première : nonobstant la complète perte de mesure de madame la ministre, le cirque médiatique que fut l’annonce de la constitution du comité qui supervisera les consultations publiques sur la réorientation du Conseil du statut de la femme devrait signifier pour les mâles du Québec le seul et unique tour de piste de cette gigantesque bouffonnerie qui prétendra s’appeler le Conseil de l’égalité.

Je m’adresse ici à ceux qui espéraient voir dans cette dernière imposture du lobby féministe l’issue progressiste qui aboutirait finalement à l’harmonisation des revendications forts légitimes des femmes avec celles - toutes aussi légitimes - d’hommes tout aussi nombreux. Bref, je m’adresse à tout ceux qui ont reçu cette conférence de presse comme une gifle en plein visage.

Quoi, un comité formé de cinq féministes reconnues et dont on exclut toute représentation masculine? Pour un Conseil de l’égalité? Non mais de qui se moque-t-on? Et madame Courchesne qui ajoute l’insulte à l’injure en justifiant cette exclusion en raison de la propagande haineuse anti-féministe diffusée sur certains sites « masculinistes » et à des courriels de menaces qu’elle aurait apparemment reçus. Et pour faire bonne mesure, madame pousse l’incurie jusqu’à faire la morale à ces hommes. La citation en début de page en est d’ailleurs un exemple éloquent.

Nous n’avons pas affaire ici à une petite réac hystérique, mais à la titulaire du portefeuille des relations avec les citoyens. Qu’une élue se permette de réciter un tel chapelet de clichés éculés et de légendes urbaines dépasse déjà l’entendement, mais qu’une telle diatribe serve de justification à une décision ministérielle relève du plus pur délire. Et le tout sans la moindre preuve, comme d’habitude.

S’est-il trouvé un seul éditorialiste pour dénoncer de tels écarts, un seul député qui se soit « dissocié » des propos de sa collègue?

Un tel dilettantisme n’aura toutefois pas été en vain. Quelle meilleure preuve en effet de la mauvaise foi du lobby féministe? Ce lobby qui justifie son existence et ses revendications en maintenant sciemment l’antagonisme envers toute les questions qui traitent de la condition masculine. Ce lobby qui s’acharne systématiquement à discréditer les mâles en recyclant périodiquement les mêmes ennemis et menaces fantômes lorsque cela lui est utile pour entretenir un climat de méfiance et de paranoïa.

Soyons plutôt reconnaissants à cette amateure d’avoir si mal caché son jeu. Madame Courchesne s’est sans doute trouvée fine stratège, croyant que cette argumentation minable convaincrait quiconque. Et c’est dans cette suffisante attitude de dérision, dans ce revers de la main méprisant avec lequel elle a cru balayer la voix mâle que se trouve la deuxième vérité. Permettre aux hommes de siéger en égaux sur ce comité aurait signifié la légitimité de leur discours. Et on sait de quel fer rouge le lobby féministe marque le discours masculiniste.

Ces dames ne veulent pas seulement préserver leurs acquis. « Les fées ont eu soif et elles ont bu » écrivait avec triomphalisme la présidente du Conseil du statut de la femme, Diane Lavallée, dans un récent éditorial de La Gazette des Femmes. Certaines ont d’ailleurs tant bu qu’elles se sont enivrées!  Et y a-t-il breuvage qui monte plus à la tête que le pouvoir? Et puisqu’elles se trouvent très bien comme elles sont, il est illusoire de croire qu’elle collaboreront de bonne foi à l’élaboration d’une nouvelle fibre sociale composée à parts égales d’hommes et de femmes et de leurs revendications réciproques.

Messieurs, nous avons évité le piège!