Content d'être un gars
Glad to be a guy
15 mars 2004
Yves Pageau

Désormais, c'est maintenant. - From now on has started already.

Nos lendemains annoncent nos surlendemains

Les questions masculines sont jeunes. Il fallait d'abord que les questions féminines prennent leur place. Maintenant qu'elles ont eu le temps de le faire, tant pis pour ce qui resterait à faire. C'est au tour des questions masculines. L'an dernier, le Conseil du statut de la femme fêtait son trentième anniversaire. Ça suffit comme ça. Le CSF annonce son initiative devant mener à une éventuelle égalité pour les femmes. Grand bien leur en fasse. Personnellement, je ne suis aucunement interpellé par la théologie fémisexiste, même quand elle se fait appeler "égalité (pour les femmes) entre les hommes et les femmes."

L'ennui associé au terme "féminisme" est en voie de laisser place à de l'irritation et il est à prévoir que, pour conserver l'intérêt de son lectorat, le quotidien La Presse demande à sa journaliste Nathalie Collard, quand elle sera de retour de son congé de maternité, de mettre son orientation idéologique en veilleuse. Si le journal était un gouvernement, on ferait un remaniement ministériel. Dans le cas qui nous occupe, il ne serait pas impensable que la pitbull de l'information soit mutée au service des sports ou à celui des annonces classées. Je sais, je sais, ce n'est pas aujourd'hui que je m'en ferai une amie mais vous devriez entendre ce qu'elle dit de moi et vous comprendriez que Nathalie et moi, c'est pour la vie depuis mon refus de lui accorder une entrevue.

Quand on construit une cathédrale, on est toujours convaincu qu'elle sera éternelle. C'est normal que l'annonce de sa transformation en condominium soit reçu avec hostilité par ceux qui croyaient à sa pérennité. Ainsi les opposants à la dictature cubaine sont des contre-révolutionnaires, la critique de l'impérialisme israélien serait de l'antisémitisme et l'anti-féminisme serait inacceptable. C'est ainsi et c'est très bien. La différence, en ce qui nous concerne, est que nous vivons dans un pays où il n'est qu'impoli de dire à une politicienne qu'elle devrait se calmer le poil des jambes.

Ceux qui ont la capacité d'imaginer l'avenir savent qu'aucune structure gouvernementale ne pourra assurer éternellement les privilèges associés au statut de victime dont les femmes ont bénéficié depuis l'apparition des premières émissions de télévision en couleurs. Toute tentative gouvernementale de retarder l'inévitable prise de parole masculine ne pourra que contribuer à l'impopularité d'un gouvernement à qui on ne peut souhaiter qu'une remontée dans les sondages.