La Gazette des gonzes

Content d'être un gars
Glad to be a guy

Le 4 Juin 2008
Frank

Le retour du mâle

J'écoute depuis deux semaines sur Radio-Canada la série Les Tudor. Comme tout le monde, j'ai remarqué et admiré (envié même) les traits et le physique de Jonathan Rhys Meyers dans le rôle de Henri VIII. Les détracteurs de la série disent qu'il fait ressembler le roi à un rat de gymnase moderne. Pour ma part, je ne vois pas pourquoi les hommes nobles du Moyen-Âge et de la Renaissance - la série se situe au passage de l'un à l'autre -, n'auraient pas cultivé leur image et leur corps. En fait, on voit bien par les bijoux et les vêtements qu'ils cultivaient leur image.

Dans le même esprit,  je ne vois pas pourquoi, ils n'auraient pas pris le temps de se muscler et de se sculpter un corps puissant et agréable à regarder. Quant à la beauté, elle n'est pas exclusive à notre siècle et je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas choisi un bel acteur pour interpéter le rôle du grand roi. Voilà pour la véracité historique.

Ce qui m'a frappé cependant, c'est que cette série contemporaine met en scène avec tant de complaisance la beauté masculine des traits et du physique, la force, l'animalité, l'agressivité d'un jeune homme. Le comédien et son personnage habitent l'espace, au détriment des femmes d'ailleurs. S'ajoute en plus le compagnon du roi, aussi beau, aussi fort et aussi viril.

Il me semble que nous assistons aux débuts d'un mouvement où les caractéristiques masculines sont mises en valeur et même exaltées. Bonne nouvelle, avec le retour d'Indiana Jones, le mouvement semble toucher toutes les générations d'hommes, démontrant que ce ne sont pas que les jeunes qui ont le monopole du goût de la compétition, de l'agressivité, de la force et de la bagarre. Bien sûr on y ajoute maintenant l'érotisme, la séduction et l'ani-mâlité. Les femmes adorent et les hommes aussi parce qu'ils y reconnaissent une image d'eux-mêmes qu'ils aiment bien.

À la suite de la lecture du récent éditorial de Martin Clément, que je félicite de ses propos, je me suis mis à analyser comment les gars et les filles s'habillent. J'ai découvert qu'une bonne partie de la population des adolescents et jeunes adultes reproduisent la nette différenciation entre hommes et femmes qu'on voyait naguère avant le temps des minets et des filles qui ne se faisaient pas les jambes.

En effet, je vois de plus en plus de jeunes filles/femmes hyper-sexualisées, arborant ce que j'appelle le look "petites pétasses" déjà décrit.  Quant aux garçons, ils adoptent le look "voyou" : gilet sans manches mettant en valeur des biceps gonflés, tatouages bien en vue et teint bronzé. Les cheveux sont très courts et forment une espèce de continuité avec la perpétuelle barbe de trois jours.

Oui, les jeunes s'hyper-sexualisent et jouent le jeu de la séduction animale mais pour ce faire, ils mettent beqaucoup d'accent sur la différenciation des sexes. Il me semble que ce devrait être une bonne nouvelle pour nous les hommes: la virilité et la féminité reviennent à la mode. Bien sûr, ce peut être un jeu dangeureux mais, bien canalisé, ce pourrait être un nouveau départ.