La Gazette des gonzes

Content d'être un gars
Glad to be a guy

Le 26 août 2008
Yves Pageau

Un couteau sans lame qui n'a pas de manche

J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise est que la propagande est efficace. Elle transforme des idées farfelues en d'irréfutables vérités. Vous croyez que j'exagère? Écoutez autour de vous. Écoutez ce que les trompettes médiatiques claironnent. On nous avait déjà offert du yogourt et ça n'avait pas suffi. Nous avons maintenant droit à du yogourt probiotique zéro-plus. Pensez-y, probiotique et zéro-plus dans le même produit, et on mord à l'hameçon. Ça me rappelle la lessive aux enzymes dont on avait fait croire qu'elle est remplie de micro organismes qui dévorent la saleté. Quels imbéciles nous sommes. Heureusement qu'il y a aussi une bonne nouvelle. Ce que la propagande a fait la propagande peut aussi le défaire. Le paysage des idées reçues se transforme continuellement comme les dunes du désert sous l'effet du vent.

J'ai récemment ajouté un mot à mon vocabulaire: épiphénomène. Pour simplifier il s'agit de phénomènes auxquels on a tendance à n'accorder aucune importance. Je pense, au contraire, que ce qu'on croit n'être que des phénomènes sans importance sont les signes les plus révélateurs de l'état d'une situation autrement insaisissable. Ce sont des oracles. Il faut savoir les interpréter.

Dans les transports en commun il y a toujours des sièges réservés à ceux à qui on devrait tout naturellement céder son sa place. Ils sont clairement identifiés d'un pictogramme sur lequel sont représentés un vieillard, un estropié et une femme enceinte. Observez bien. Ces sièges sont généralement occupés par une dame qui n'est ni âgée, ni estropiée ni enceinte et qui ne porte aucune attention aux passagers qui l'entourent. Les femmes ont intégré la notion que, quand on est une femme, on n'est pas tenu de respecter les conventions qui rendent possible la vie en société. La propagande victimaire a créé une caste de barbares.

Il ne faut jamais hésiter à faire remarquer à la dame votre étonnement qu'habituellement une femme enceinte profite du ventre et que, dans son cas, sa progéniture se soit logée dans son postérieur. Le regard qu'on vous lance dans ces moments là c'est è peine croyable.