Picouille et pouliche
Quand j'affirme que l'une des trois
choses que je ne me lasse pas de regarder ce sont les chevaux on
s'empresse de me faire remarque que les chevaux ne sont pas des
choses. Accordé. Faute de meilleur terme je dirai donc qu'ils sont
pour moi un sujet d'intérêt.
Il ne me viendrait jamais à
l'idée ni d'en adopter ni d'en monter un. J'aime seulement les
regarder. C'est la même chose pour mes deux autres sujets
d'intérêt. Je me plais à regarder les avions; je fréquente parfois
les petits aéroports pour le simple plaisir de les regarder. Je fréquente
aussi l'espace public.
De ces trois sujets d'intérêt ni
les avions ni les chevaux ne m'ont jamais causé de problème. Je
n'entend ni les piloter ni les monter. Je me contente de
regarder l'inventaire. Le plus beau compliment que j'aie fait à
une femme c'est de lui dire qu'elle est belle comme un avion.
Pour me calmer, quand je regarde
une femme, j'aime me rappeler le plaisir que j'ai à regarder les
chevaux. Mon vocabulaire hippique étant limité, je me suis trouvé
un lexique illustré des races de chevaux. Il y avait, déjà, bien
sûr, les pouliches et les picouilles.
je croise désormais des
Percheron, des
Appaloosa,
des
Camargais, des
juments cabrées sur le capot d'une voiture rouge
et des
poneys pas plus grands que ça. Ça
m'évite de les considérer avec trop de convoitise car je n'ai
jamais envisagé vivre dans une écurie.