Il est
moins imprudent de faire une promenade sur un terrain de golf
pendant un orage que de poser la question. Pourquoi l'assurance
maladie ne couvre-elle qu'un seul moyen de contraception:
l'avortement?
Le mot
avortement est chargé comme le bonnet de Gilles Duceppe; il
risque d'exploser au visage de celui qui ose le prononcer. La
question est réputée être réglée une fois pour toutes. On peur
réviser toutes les lois, jusqu'à la constitution du pays, mais on
n'aura jamais le droit de suggérer que l'avortement est le moins
pratique des moyens de contraception.
La
conversation serait plus simple si elle n'était pas
continuellement interrompue par les hures enjuponnée engagées
envers l'inquisition obscurantiste. Posons les bases de cette
conversation. À moins d'erreur de ma part, erreur qu'on
s'empresserait de souligner à grands coups de boulet ramé,
l'avortement est réputé être libre et gratuit par égard pour les
femmes qui autrement seraient aliénées par une grossesse non
désirée. Jusque là tout baigne dans l'huile de transpiration des
pieds de la bonne Sainte-Anne.
L'avortement c'est la mesure extrême, c'est cher et pénible pour
celle qui le subit, rien d'autre une regrettable solution aux
ratés de la contraception. Dans un monde idéal, c'est ce dont on
avait parlé à l'époque, on n'y aurait recours que dans le cas
exceptionnel où une religieuse a été violée par un oncle victime
d'une méningite héréditaire. On ne doit même pas se poser la
question si la grossesse est le résultat d'une irresponsable
négligence en matière de contraception ni imposer un ticket
modérateur quand on abuse du procédé. L'avortement est toujours
libre et gratuit. On ne discute pas.
Soit. On
ne discute pas.
Soyons
logique. Si l'idée qui à la base de la conversation interdite est
d'assurer qu'aucune femme ne soit aliénée par une grossesse non
désirée pourquoi l'État n'offrirait-il pas aussi la contraception
libre et gratuite à toutes... et à tous. Faites le calcul; comme
ça tout le monde serait content. Presque. Il y aurait toujours les
réactionnaires qui, comme chacun le sait, sont de cette droite
dont Zézette répète qu'elle est montante qui considèrent que
l'avortement est un meurtre. Tout arriérés qu'ils soient ils
devraient aussi apprécier le fait que la contraception réduise le
nombre d'avortements.
Il y aura
toujours des réactionnaires pour accuser les femmes qui subissent
des avortements à répétition de chercher à économiser les coûts de
la contraception. Il n'y a rien à faire avec les réactionnaires:
ce sont des imbéciles essentiels. L'État est total. Il prend à sa
charge les frais de la contraception et ceux des avortements. La
prochaine fois il faudrait obtenir de l'eau embouteillée pour
celles qui doivent avaler la pillule.