La Gazette des gonzes

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Le 21 octobre 2008
Yves Pageau

Contraception

Il est moins imprudent de faire une promenade sur un terrain de golf pendant un orage que de poser la question. Pourquoi l'assurance maladie ne couvre-elle qu'un seul moyen de contraception: l'avortement?

Le mot avortement est chargé comme le bonnet de Gilles Duceppe; il risque d'exploser au visage de celui qui ose le prononcer. La question est réputée être réglée une fois pour toutes. On peur réviser toutes les lois, jusqu'à la constitution du pays, mais on n'aura jamais le droit de suggérer que l'avortement est le moins pratique des moyens de contraception.

La conversation serait plus simple si elle n'était pas continuellement interrompue par les hures enjuponnée engagées envers l'inquisition obscurantiste. Posons les bases de cette conversation. À moins d'erreur de ma part, erreur qu'on s'empresserait de souligner à grands coups de boulet ramé, l'avortement est réputé être libre et gratuit par égard pour les femmes qui autrement seraient aliénées par une grossesse non désirée. Jusque là tout baigne dans l'huile de transpiration des pieds de la bonne Sainte-Anne.

L'avortement c'est la mesure extrême, c'est cher et pénible pour celle qui le subit, rien d'autre une regrettable solution aux ratés de la contraception. Dans un monde idéal, c'est ce dont on avait parlé à l'époque, on n'y aurait recours que dans le cas exceptionnel où une religieuse a été violée par un oncle victime d'une méningite héréditaire. On ne doit même pas se poser la question si la grossesse est le résultat d'une irresponsable négligence en matière de contraception ni imposer un ticket modérateur quand on abuse du procédé. L'avortement est toujours libre et gratuit. On ne discute pas.

Soit. On ne discute pas.

Soyons logique. Si l'idée qui à la base de la conversation interdite est d'assurer qu'aucune femme ne soit aliénée par une grossesse non désirée pourquoi l'État n'offrirait-il pas aussi la contraception libre et gratuite à toutes... et à tous. Faites le calcul; comme ça tout le monde serait content. Presque. Il y aurait toujours les réactionnaires qui, comme chacun le sait, sont de cette droite dont Zézette répète qu'elle est montante qui considèrent que l'avortement est un meurtre. Tout arriérés qu'ils soient ils devraient aussi apprécier le fait que la contraception réduise le nombre d'avortements.

Il y aura toujours des réactionnaires pour accuser les femmes qui subissent des avortements à répétition de chercher à économiser les coûts de la contraception. Il n'y a rien à faire avec les réactionnaires: ce sont des imbéciles essentiels. L'État est total. Il prend à sa charge les frais de la contraception et ceux des avortements. La prochaine fois il faudrait obtenir de l'eau embouteillée pour celles qui doivent avaler la pillule.