Les petites madame
de Salem
Quand ça part, ces affaires là, c'est rare que ça
arrête. Aujourd'hui c'est Bazzo qui a permis à deux de ses invités
de faire du dire-tout-haut. Ça n'a pas été long qu'on a eu droit à
un bon numéro de "Ah ben là ça ne se passera pas comme ça!" Si
j'étais un pit-bull dont l'apparence rappelle vaguement celle d'une
solide femelle de l'espèce humaine je me tiendrais tranquille. C'est
quand vous brandissez la menace de brûler votre soutien gorge que
vous êtes le moins populaire.
Rendez-vous à l'évidence: le
mensonge est bien mort. Rien ne pourra le ramener.
Vous les avez entendu, chez Bazzo, parler de
funérailles? J'ai bien vérifié sur la liste de Francis et le nom de
ni l'un ni l'autre des deux invités n'y apparaît. Faut-il y ajouter
leur nom? Bien chef!
Il faut lâcher le morceau à la fin. C'est dur, je
sais, mais le filon est épuisé; on doit fermer la mine. Vous pouvez
rester mais vous vivrez dans une ville fantôme. Il faudrait vous
renouveler un peu. L'intégrisme n'a plus la cote. Il faut trouver
autre chose, ajouter un mot qui fasse penser à l'écologie. Il faut
que ce soit éco-biotique. Trouvez et vous aurez bien cherché.
C'est comme Mireille Mathieu; il vient bien un moment
où on en a marre. Ça tombe bien c'est comme si on en avait marre
soudainement. Vous pourriez feindre insister mais ça ne serait pas
une bonne idée. N'insistez pas; ce sera beaucoup mieux. Prenez ça
avec dignité et dites vous que c'est pour vous le commencement d'une
nouvelle aventure. Laissez tout derrière on s'occupe du reste.