La Gazette des gonzes


Le 21 février 2009



Yves Pageau


Content d'être un gars
Glad to be a guy

Projet d'eugénisme

Si vous voulez comprendre quelqu'un vous devrez tenter de comprendre sa notion du temps. Quand vous aurez fait le tour de la question vous connaîtrez tout de ses valeurs. C'est important de savoir si la personne qu'on a devant soi croit que le temps c'est un cycle, un fil, ou deux éternités séparées par le présent l'une pointée vers le monde des ancêtres et l'autre vers celui des descendants.

Les membres de la classe politique, c'est clair à mes yeux, croient que le temps est un cycle. Il y a celui des élections, celui des budgets du gouvernement, celui des sessions parlementaires, celui des généreuses vacances et celui des célébrations(1) entourant la commémoration des événements de l'école Polytechnique. Ce jour là on célèbre la femme victime, celle qui fait pitié et qui a besoin de la protection de l'État. Ce jour là le féminisme m'écoeure.

Cette année on nous en a passé une belle que personne ne semble avoir remarquée tellement c'est énorme. Chaque année les célébrations entourant les fêtes(2) du six décembre sont l'occasion d'une campagne qui marque une page supplémentaire dans le répertoire des efforts déployés par l'appareil gouvernemental québécois pour dénigrer les hommes. L'an dernier, dans le message publicitaire montrait un monstre en plein délire qui, parce qu'il ne trouvait pas son porte-clés s'est mis à taper la caméra qui le filmait en l'injuriant comme s'il s'agissait de sa victime féminine. C'était le message standard dont on nous a servi une variante chaque année: les hommes sont des monstres faites les enfermer. Cette année c'était différent.

Cette année la message visait à inciter le spectateur à signaler le 911 et à dénoncer le voisin dès qu'il y aurait des raisons de croire que ça barde à côté. Voyez-vous l'arbitraire monter l'escalier. Imaginez-vous ouvrir la porte à des policiers qui vous demandent si vous battiez votre femme au moment où ils ont sonné. Vous avez des comptes à régler? Dénoncez.

Je ne vois pas à quoi ils veulent en venir avec tout ça mais ça m'inquiète. Ce qui m'inquiète surtout c'est d'observer l'aveuglement progressif des féministes. Il n'y a pas si longtemps tout ceci était cohérent; aujourd'hui le féminisme est la plus sexiste des postures et il continue de se draper dans la lutte au sexisme. Quelle gloire y a-t-il à affirmer qu'aucun acte de violence entre conjoints n'est acceptable mais qu'une femme c'est jamais pareil parce que le statut de victime appartient aux femmes. On objecte invariablement que c'est moins fréquent et moins grave quand c'est une femme qui est coupable d'avoir tabassé son conjoint. Justement. Souvenez-vous que,dans ce domaine, on avait parlé d'une politique de tolérance zéro. En quoi est-ce qu'on sert les intérêts des femmes en agissant ainsi? Pourquoi dénigrez-vous les hommes? Souhaitez-vous les éliminer grâce à un projet d'eugénisme ou simplement les asservir? Pensez-vous que ce soit possible? Croyez-vous que ce soit souhaitable? Je cherche toujours à comprendre le sens profond du projet.

 

---

(1) célébration n. f.

• XIIe; lat. celebratio

Action de célébrer une cérémonie, une fête. Célébration d'un mariage. La célébration de l'Eucharistie. Þ messe. Célébration d'un anniversaire. Þ commémoration.

(2) fête n. f.

feste 1080; lat. pop. festa, de festa dies « jour de fête » 

1¨ Solennité religieuse célébrée à certains jours de l'année. Fêtes catholiques (Ascension, Épiphanie, Noël, Pâques, Pentecôte). Fête du Saint Sacrement (Þ fête-Dieu), de la Vierge (Assomption), des Saints (Toussaint). Les dimanches et fêtes. Fêtes fixes, qui reviennent chaque année à la même date. Fêtes mobiles, qui dépendent de la date de Pâques. Fêtes carillonnées. Veille d'une grande fête. Þ 1. vigile. — Fêtes juives (Pâque, fête des lumières, des tabernacles, Yom Kippour, etc.), musulmanes (fête du sacrifice, de rupture du jeûne), des religions d'Extrême-Orient (Têt), etc. Fêtes antiques grecques (dionysies, fêtes orphiques, panathénées), romaines (bacchanales, lupercales, saturnales, etc.). Fête religieuse bretonne (pardon).