Stratégie
Les joueurs
de poker portent des verres fumés; une pupille qui se dilate serait,
semble-t-il, une information précieuse pour l'adversaire. L'usage
veut qu'on garde ses stratégies secrètes pour éviter que
l'adversaire ne les déjoue. Ici c'est la même chose. Ceux qui suivent cette
conversation on compris que l'objectif visé est d'obtenir la
séparation du féminisme et de l'État. Ce serait normal et beaucoup
plus simple pour tout le monde à commencer par les fémicentristes.
On y arrive savez-vous. C'est long mais le pire est déjà accompli.
Ceux que ça
intéresse font la distinction entre ce qu'on appelle la stratégie
et la tactique. Pour les besoins de la discussion convenons que la
séparation du féminisme et de l'État est une stratégie visant à
mettre fin à la dictature de la caste des femmes et que les moyens
utilisés pour l'obtenir sont du domaine de la tactique.
Elles me
font bien rire les vaches quand elles
parlent d'une conspiration masculiniste. Elles ne savent vraiment
pas de quoi elles parlent. Je vous ferai remarquer que les quolibets
agricoles font aussi partie de la tactique adoptée. J'y reviendrai
plus bas; vous verrez combien c'est efficace.
Si
j'affirme qu'elles ne savent pas de quoi elles parlent c'est
qu'elles commettent l'erreur classique de transposer leur réalité.
D'abord il y a le terme masculinisme qui ne correspond à rien
d'autre qu'à une projection symétrique du terme féminisme. L'idée de
masculinisme serait ridicule si ce n'était de sa très grande qualité
de révéler la posture idéologique de celles qui l'utilisent. Le
masculinisme d'opérette révèle que le féminisme tel qu'il est
pratiqué n'a rien de vertueux. Il s'agit, au contraire, d'un projet
inspiré du marxisme visant la domination des hommes par les femmes.
On pense au mot dictature comme dans dictature
du prolétariat. Si elles affirment qu'il faudrait lutter contre un masculinisme qui n'existe pas il faut comprendre l'importance de
lutter contre le fémicentrisme. Il est, lui aussi, une illusion.
La seconde
erreur consiste à imaginer que la confrontation est symétrique alors
qu'elle ne l'est pas. Il ne s'agit pas d'un combat rangé entre deux
armées mais d'une guérilla menée contre la dictature d'un Pouvoir
féminin qui détient presque toutes les cartes. Cette guérilla vise à
provoquer l'effondrement de
l'empire fémicentriste qui prétend viser l'égalité mais qui, au
fond, ne
recherche que l'accumulation de privilèges et les ressources consentis
à la Castre des femmes. Le mouvement masculiniste n'existe pas;
enlevez-vous â de la tête. Tout ce qui existe ce sont des individus
qui entreprennent chacun des actions pour que cessent les mensonges
fémicentristes. Il n'y a rien d'autre ni trésor de guerre ni
un puissant fonctionnaire qui tire les ficelles ni un influent directeur de l'information
qui favorise l'expression de l'antithèse. Il n'y a rien d'autre
qu'une farouche volonté d'obtenir la juste égalité promise et un immense plaisir
à regarder l'antagoniste de foutre
dedans la tête la première jusqu'aux chevilles.
Revenons
maintenant aux métaphores agricoles. Elles ne sont que de puériles
provocations envers lesquelles on peut choisir soit de réagir soit
de feindre l'indifférence. Dans l'un et l'autre des cas c'est un
début de dialogue qui s'amorce. Quand la Bazzo affirme qu'il n'est
pas question qu'elle offre une tribune aux propos de ceux qu'elle a
baptisé les masculinistes elle lève le voile sur l'intégrisme auquel
elle participe. Plus le féminisme se radicalise mieux il se dévoile.
À force de provocations répétées on découvre la face jusque là
cachée de l'idéologie qui prétend être drapée dans la vertu.