La Gazette des gonzes


Le 3 mars 2009


Yves Pageau

Content d'être un gars

Glad to be a guy

Stratégie

Les joueurs de poker portent des verres fumés; une pupille qui se dilate serait, semble-t-il, une information précieuse pour l'adversaire. L'usage veut qu'on garde ses stratégies secrètes pour éviter que l'adversaire ne les déjoue. Ici c'est la même chose. Ceux qui suivent cette conversation on compris que l'objectif visé est d'obtenir la séparation du féminisme et de l'État. Ce serait normal et beaucoup plus simple pour tout le monde à commencer par les fémicentristes. On y arrive savez-vous. C'est long mais le pire est déjà accompli.

Ceux que ça intéresse font la distinction entre ce qu'on appelle la stratégie et la tactique. Pour les besoins de la discussion convenons que la séparation du féminisme et de l'État est une stratégie visant à mettre fin à la dictature de la caste des femmes et que les moyens utilisés pour l'obtenir sont du domaine de la tactique.

Elles me font bien rire les vaches quand elles parlent d'une conspiration masculiniste. Elles ne savent vraiment pas de quoi elles parlent. Je vous ferai remarquer que les quolibets agricoles font aussi partie de la tactique adoptée. J'y reviendrai plus bas; vous verrez combien c'est efficace.

Si j'affirme qu'elles ne savent pas de quoi elles parlent c'est qu'elles commettent l'erreur classique de transposer leur réalité. D'abord il y a le terme masculinisme qui ne correspond à rien d'autre qu'à une projection symétrique du terme féminisme. L'idée de masculinisme serait ridicule si ce n'était de sa très grande qualité de révéler la posture idéologique de celles qui l'utilisent. Le masculinisme d'opérette révèle que le féminisme tel qu'il est pratiqué n'a rien de vertueux. Il s'agit, au contraire, d'un projet inspiré du marxisme visant la domination des hommes par les femmes. On pense au mot dictature comme dans dictature du prolétariat. Si elles affirment qu'il faudrait lutter contre un masculinisme qui n'existe pas il faut comprendre l'importance de lutter contre le fémicentrisme. Il est, lui aussi, une illusion.

La seconde erreur consiste à imaginer que la confrontation est symétrique alors qu'elle ne l'est pas. Il ne s'agit pas d'un combat rangé entre deux armées mais d'une guérilla menée contre la dictature d'un Pouvoir féminin qui détient presque toutes les cartes. Cette guérilla vise à provoquer l'effondrement de l'empire fémicentriste qui prétend viser l'égalité mais qui, au fond, ne recherche que l'accumulation de privilèges et les ressources consentis à la Castre des femmes. Le mouvement masculiniste n'existe pas; enlevez-vous â de la tête. Tout ce qui existe ce sont des individus qui entreprennent chacun des actions pour que cessent les mensonges fémicentristes. Il n'y a rien d'autre ni trésor de guerre ni un puissant fonctionnaire qui tire les ficelles ni un influent directeur de l'information qui favorise l'expression de l'antithèse. Il n'y a rien d'autre qu'une farouche volonté d'obtenir la juste égalité promise et un immense plaisir à regarder l'antagoniste de foutre dedans la tête la première jusqu'aux chevilles.

Revenons maintenant aux métaphores agricoles. Elles ne sont que de puériles provocations envers lesquelles on peut choisir soit de réagir soit de feindre l'indifférence. Dans l'un et l'autre des cas c'est un début de dialogue qui s'amorce. Quand la Bazzo affirme qu'il n'est pas question qu'elle offre une tribune aux propos de ceux qu'elle a baptisé les masculinistes elle lève le voile sur l'intégrisme auquel elle participe. Plus le féminisme se radicalise mieux il se dévoile. À force de provocations répétées on découvre la face jusque là cachée de l'idéologie qui prétend être drapée dans la vertu.