Il n'y a
pas de néant ni avant ce qu'on décide d'appeler le commencement ni
après ce qu'on dit être la fin. Quand on parle d'un début et d'une
fin c'est qu'on raconte une histoire. L'histoire dont je parle a
commencé au début 2005. Ils étaient quelques-uns, une pincée sans
plus, qui avaient jugé important d'inclure le point de vue des
hommes dans la question sur l'égalité. En faisant le bilan je
comprends que le déroulement de la démarche peut laisser
croire qu'elle avait été soigneusement scénarisée. Même improvisée
elle comporte une implacable logique.
C'était en
début d'année. Le Premier ministre canadien avait reçu une lettre
l'enjoignant d'ouvrir la conversation sur les points de vue
masculins en matière d'égalité; il avait quarante jours pour se
manifester. Au-delà de ce délai la lettre adressée au principal
représentant du pouvoir politique annonçait que des désordres
allaient survenir. Le délai expiré des panneaux réclames ont été
piratés pour annoncer le début des désordres. L'incident
est passé presque inaperçu dans l'espace médiatique.
La
prochaine étape a été d'introduire des bestioles au Palais de
Justice, dans le bureau de comté de députés fédéraux et dans celui
d'avocates engagées à anéantir l'homme dans les affaires conjugales.
Le grillon avait été choisi pour l'opération. On a
longtemps continué d'entendre leur stridulation dans les Palais de Justice
partout au Canada. L'incident avait fait l'objet d'entrefilets dans
des quotidiens. C'était la première étape.
En mai
2005, c'était le samedi précédant le jour de la Fête de la reine
Victoria,
Daniel Bonin, un manifestant déguisé en Spiderman avait escaladé la
Croix du Mont-Royal pour y dérouler une banderole. C'était sans
conséquences pour la population; aucune accusation n'avait été
retenue contre le manifestant. Les policiers s'étaient
contentés de lui conseiller de ne pas recommencer.
Deux jours
plus tard, c'était un jour férié, un autre manifestant avait
escaladé la structure du Pont Jacques-Cartier pour y dérouler une
banderole sur laquelle on pouvait lire les mots Égalité parentale.
L'incident avait eu un important impact dans les médias mais il
avait eu lieu une journée de congé et avait été sans conséquence
importante sur la circulation automobile. Les questions masculines
étaient soudainement entrées dans le discours des médias; on
reprochait à Benoît Leroux, le manifestant qui portait le costume de
Robin l'acolyte de Batman, de ne pas utiliser des moyens efficaces
pour se faire entendre. Des moyens jugés efficaces avaient pourtant été
utilisés sans succès depuis des années. Le ton avait monté.
L'été 2005
avait été sans histoire puis, c'était en septembre, le même pont a
été escaladé de nouveau causant un embouteillage monstre.
C'était déjà moins cordial. Les autorités avaient choisi d'ignorer
les messages précédents; le ton avait encore monté. Prenant modèle
sur une opération semblable tenue à Londres l'année précédente Andy Srougi qui avait exécuté l'opération était déterminé à tenir
plusieurs jours. Il avait tenu quelques heures. Sur la banderole
déployée ce jour là on pouvait lire Papa t'aime. Même si les
automobilistes avaient été exaspérés le message est resté sans
suite. La semaine suivante Benoît Leroux, celui qu'on appelait le
Robin du Pont avait été reçu lors de l'enregistrement de la
version Plateau Mont-Royal de l'émission Tout le Monde en
parle. Le message était clair: le dérapage fémicentriste est
dévastateur. Pendant cette année là le Gouvernement du Québec a tenu
une Commission parlementaire qui devait aboutir à une politique
cohérente au sujet de l'égalité entre les femmes et les hommes. La
politique en question ne comporte que des avantages pour la caste
des femmes et son application a été confiée au Secrétariat à la
Condition féminine. On avait omis la cohérence dans cette
histoire.
Au
printemps 2006, sans avoir été sollicité, c'est Mario Morin qui
avait escaladé un panneau réclame placé tout près du même pont. Le
personnage faisait peur l'air de dire "Vous avez fait semblant de
ne pas comprendre ceux qui avaient le bon ton. Je vais vous montrer
à quoi ressemble le monstre que vous avez créé." Trois ans plus
tard Mario Morin est toujours en Prison. Il devrait y être encore
longtemps.
Depuis les
discours masculins sont interdits dans les médias. L'aviez-vous
remarqué? On n'entend plus que les campagnes de propagande
gouvernementale qui répètent que les hommes sont essentiellement des
violeurs, des pédophiles et des batteurs de femme. On entend aussi
des chroniqueuses féministes qui discutent entre elles de condition
masculine. Les opérations de
communication gouvernementale étaient prévues par la politique
gouvernementale sur l'égalité entre les femmes et les hommes. Le
thème des prochaines campagnes de propagande y sont aussi prévus.
Depuis
Benoît Leroux a subi un long procès qui l'a mené jusqu'en Cour
Suprême. Il y a quelques jours il a été condamné à quelques heures
de travaux communautaires. Andy Srougi avait reçu une sentence
semblable quelques mois plus tôt. Le message a été transmis. S'il est
resté sans écho il n'est pas sans conséquence.
La réclame de Bell
diffusée ces jours cis à la télévision met en situation un homme sans
envergure et une femme qui
l'infantilise. Parlez-en autour de vous et vous comprendrez que,
même si elle est lente, la démarche se poursuit.