La Gazette des gonzes


Le 4 août 2009

Yves Pageau

Comment doit-on sentir un rat crevé?

Marc Lépine ça vous dit quelque chose? Je pose la question parce que depuis ses quinze minutes de gloire presque la moitié de la population est venue se joindre à nous. Leurs parents et leurs éducateurs ont certainement fait tout ce qu'ils ont pu pour leur apprendre le minimum qui donne l'impression qu'on ne s'adresse pas à un parfait ignorant. Il est certain qu'ils ont aussi omis quelques détails insignifiants de l'histoire récente.

Vous les entendez se péter la glotte d'indignation? Je n'ai pas dit que le drame de Polytechnique n'est pas un fait divers marquant de cette époque. Que je parle d'un fait divers ne fait pas l'affaire non plus mais je refuse de considérer que le drame aurait une valeur universelle. La dernière fois on s'était retrouvé avec une religion alors vous ne m'en voudrez pas de parler d'un fait divers.

Rappelons les faits. Le 6 décembre 1989 Marc Lépine passe calmement trois quart d'heures dans le lobby de l'école Polytechnique en attendant la fin du cours de résistance des matériaux. À la fin du cours il assassine quatorze femmes en commençant par la salle où vient de se terminer la classe en question. C'est aussi la salle où il reviendra pour s'enlever la vie. Le bilan: 13 étudiantes, une employée de l'école et Marc Lépine lui même.

La carcasse de Marc Lépine fait partie de l'amoncellement de cadavres de la salle du rez-de-chaussée où se donnait le cours de résistance des matériaux.

Marc Lépine est insignifiant. La preuve c'est qu'on n'a jamais mené l'enquête qu'avaient réclamé la famille de 13 des 14 femmes assassinées ce jour là. Vous savez qui était la quatorzième famille celle qui à elle toute seule a obtenu que la lumière ne soit jamais faite sur les événements de la journée? Le père de la victime s'appelle Pierre Leclair. Il était l'un des policiers qui sont intervenus ce jour là. Il était aussi le collègue du chef de la police qui avait élaboré la politique d'intervention qui a déraillé ce jour là. Si mon nom était Pierre Leclair je serais affreusement malheureux aujourd'hui. Sa fille, Maryse Leclair, était dans a classe de résistance des matériaux.

Au fait, ce n'est pas pour faire ma langue sale mais si ça se trouve, Marc Lépine connaissait bien Maryse la fille de Pierre Leclair. C'est une autre histoire, sans doute l'élément principal du casse-tête, qui devrait mériter des honneurs au journaliste qui, le premier, aura le courage d'en parler. Ça ferait un sautadine de bon scénario pour la gang de la Californie. C'est payant Hollywood vous savez.

On a inventé une histoire. Avec le recul l'histoire qu'on raconte, le soir, aux garçons, juste avant de les castrer n'a plus grand chose à voir avec le récit historique. C'est devenu un conte du Bonhomme-Setter. J'ai entendu autant comme autant affirmer que c'est l'anti-féminisme de Lépine qui est son véritable crime. Pour être tout à fait honnête je ne connais aucune raison de continuer de tolérer que le réseau d'influence de la Caste des femmes soit intégré à l'appareil gouvernemental. Qu'on me menace ou qu'on m'accuse d'avoir l'ambitions de passer à l'Histoire je refuse de céder au chantage. Je continue de demander la séparation du féminisme et de l'État.