Faut-il s'étonner que le rat
crevé ne puisse pas nager?
Je serais curieux de savoir si
l'expression "Tu joues avec mes nerfs" était répandue au cours de la
période précédant l'Après-guerre. Qu'est-ce qui vient avant
l'après-guerre? C'est la guerre. Restons-en là, voulez-vous, pour ne
pas avoir à préciser si nous vivons aujourd'hui en temps de paix ou
en temps de guerre non déclarée. La phrase devenue tellement populaire au cours des
années qui ont suivi l'apparition de la télévision. Pouf! on n'avait
rien demandé; Pouf-pouf! La télévision était partout; elle a
remplacé bien des aquariums dans bien des salons. Il fallait que ça
se mange ces minuscules poissons tropicaux. Ça nous a quand même
changé des sardines pendant quelque temps.
Alors elle vient d'où cette phrase? Elle peut venir
de n'importe où, ça n'a aucune importance; un message publicitaire,
un téléroman? L'important c'est que cette phrase a frappé
l'imagination d'un groupe de femmes qui ne dédaignent pas la répéter
à leur tour. C'était le "Lui y connaît ça" de l'époque.
C'était le parfait exemple d'un processus complexe qui n'intéresse
personne. Quand la phrase est apparue elle a fait vibrer une corde.
Appelons la MOI ET MES NERFS. D'expression courante elle est
devenue un tic de langage. Les femmes avaient décidé de se calmer le
poil des jambes avec la maternité. "C'est quand JE voudrai, avec
qui JE le voudrai et les enfants sont mieux de ne pas trop me
déranger dans mon vécu-de-femme."
Il aurait fallu comprendre tout de suite; il y
aurait eu moins de souffrance. Maintenant que le message est clair on entend des femmes se plaindre que les hommes
de leur génération ne les draguent plus. Qu'est-ce que vous aviez
pensé? Vous n'alliez tout de même pas croire que les hostilités
associées à la Guerre des sexes serait sans conséquence? Vous
chialiez au temps du couple? Passez-vous en maintenant. On vous
laisse Dupuis-Déri qui, parait-il, baise comme un gouin. Comme ça
vous serez initiée au fisting.
«Les
rapports sexuels hétérosexuels sont l'expression pure et formelle du
mépris pour le corps des femmes." Andrea Dworkin
En 2001 le très féministe
Francis Dupuis-Déri accordait une entrevue à la journaliste
Denise Bombardier pour un documentaire intitulé Hommes en
détresse. Nous apprenions alors qu'au moment d'avoir des
rapports sexuels avec SA partenaire Dupuis-Déri préfèrerait ne pas
bander pour des raisons idéologiques. Sa blonde a réagi. Elle avait
tenu à participer à la conversation que la journaliste tentait
d'entretenir avec Dupuis-Déri. La dame n'aurait pas dédaigné,
semble-t-il, se faire tringler comme une salope plutôt
que d'être vénérée comme la déesse qu'elle n'est pas.
Ces deux là sont fusionnés. En les
voyant on murmure in-petto: "Get a life". Ils se sont mutés en un
animal inédit, qu'ils appellent LE COUPLE dans lequel ils n'ont plus
d'identité. C'est la fable du Jardin de l'Éden mais racontée à
l'envers. On retourne au Paradis terrestre là où il n'y a
plus ni identité ni responsabilité. C'était avant d'avoir connu le
goût du fruit de l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal. Il me
semble qu'il faudrait éviter d'être passéiste à ce point mon petit.
Il faut te faire une raison: ça ne reviendra jamais comme avant avec
ce beau gros sein nourricier que ta mère t'offrait plusieurs fois
par jour. On te sent hostile. Dis-moi Dupuis c'est ton père ou ta
mère?
C'est un joli paradoxe. Sous
couleur de féminisme extrême, Dupuis-Déri aurait décidé que les
rapports sexuels avec sa blonde se déroulent à la manière des
rapports sexuels entre lesbiennes. La principale intéressée est la
déesse à qui un sacrifice est accompli sur l'autel de
l'épanouissement sexuel. On aurait pu lui en parler avant non? La
principale intéressée manifeste son insatisfaction envers un
dialecte de la sexualité qui ne respecte rien d'autre que les
principes de Dupuis-Déri.
C'est une chambre à coucher
sinistre. Vous ne souhaitez pas y passer la nuit. La petite Julie de
l'époque a déguerpi depuis. C'est dans cette pièce que la beauté de
Miss Nouvelle-Flamme est à son paroxysme et c'est aussi la pièce
dont les occupants gardent les yeux fermés pendant des heures pour
ne pas risquer d'être ébloui par l'insupportable raffinement des
courbes et des volumes. Imaginez le coucher estival chez les
Blais-Dupuis-Déri.
|