La Gazette des gonzes


Le 4 août 2009

Yves Pageau

Faut-il s'étonner que le rat crevé ne puisse pas nager?

Je serais curieux de savoir si l'expression "Tu joues avec mes nerfs" était répandue au cours de la période précédant l'Après-guerre. Qu'est-ce qui vient avant l'après-guerre? C'est la guerre. Restons-en là, voulez-vous, pour ne pas avoir à préciser si nous vivons aujourd'hui en temps de paix ou en temps de guerre non déclarée. La phrase devenue tellement populaire au cours des années qui ont suivi l'apparition de la télévision. Pouf! on n'avait rien demandé; Pouf-pouf! La télévision était partout; elle a remplacé bien des aquariums dans bien des salons. Il fallait que ça se mange ces minuscules poissons tropicaux. Ça nous a quand même changé des sardines pendant quelque temps.

Alors elle vient d'où cette phrase? Elle peut venir de n'importe où, ça n'a aucune importance; un message publicitaire, un téléroman? L'important c'est que cette phrase a frappé l'imagination d'un groupe de femmes qui ne dédaignent pas la répéter à leur tour. C'était le "Lui y connaît ça" de l'époque. C'était le parfait exemple d'un processus complexe qui n'intéresse personne. Quand la phrase est apparue elle a fait vibrer une corde. Appelons la MOI ET MES NERFS. D'expression courante elle est devenue un tic de langage. Les femmes avaient décidé de se calmer le poil des jambes avec la maternité. "C'est quand JE voudrai, avec qui JE le voudrai et les enfants sont mieux de ne pas trop me déranger dans mon vécu-de-femme."

Il aurait fallu comprendre tout de suite; il y aurait eu moins de souffrance. Maintenant que le message est clair on entend des femmes se plaindre que les hommes de leur génération ne les draguent plus. Qu'est-ce que vous aviez pensé? Vous n'alliez tout de même pas croire que les hostilités associées à la Guerre des sexes serait sans conséquence? Vous chialiez au temps du couple? Passez-vous en maintenant. On vous laisse Dupuis-Déri qui, parait-il, baise comme un gouin. Comme ça vous serez initiée au fisting.

«Les rapports sexuels hétérosexuels sont l'expression pure et formelle du mépris pour le corps des femmes." Andrea Dworkin

En 2001 le très féministe Francis Dupuis-Déri accordait une entrevue à la journaliste Denise Bombardier pour un documentaire intitulé Hommes en détresse. Nous apprenions alors qu'au moment d'avoir des rapports sexuels avec SA partenaire Dupuis-Déri préfèrerait ne pas bander pour des raisons idéologiques. Sa blonde a réagi. Elle avait tenu à participer à la conversation que la journaliste tentait d'entretenir avec Dupuis-Déri. La dame n'aurait pas dédaigné, semble-t-il, se faire tringler comme une salope plutôt que d'être vénérée comme la déesse qu'elle n'est pas.

Ces deux là sont fusionnés. En les voyant on murmure in-petto: "Get a life". Ils se sont mutés en un animal inédit, qu'ils appellent LE COUPLE dans lequel ils n'ont plus d'identité. C'est la fable du Jardin de l'Éden mais racontée à l'envers. On retourne au Paradis terrestre là où il n'y a plus ni identité ni responsabilité. C'était avant d'avoir connu le goût du fruit de l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal. Il me semble qu'il faudrait éviter d'être passéiste à ce point mon petit. Il faut te faire une raison: ça ne reviendra jamais comme avant avec ce beau gros sein nourricier que ta mère t'offrait plusieurs fois par jour. On te sent hostile. Dis-moi Dupuis c'est ton père ou ta mère?

C'est un joli paradoxe. Sous couleur de féminisme extrême, Dupuis-Déri aurait décidé que les rapports sexuels avec sa blonde se déroulent à la manière des rapports sexuels entre lesbiennes. La principale intéressée est la déesse à qui un sacrifice est accompli sur l'autel de l'épanouissement sexuel. On aurait pu lui en parler avant non? La principale intéressée manifeste son insatisfaction envers un dialecte de la sexualité qui ne respecte rien d'autre que les principes de Dupuis-Déri.

C'est une chambre à coucher sinistre. Vous ne souhaitez pas y passer la nuit. La petite Julie de l'époque a déguerpi depuis. C'est dans cette pièce que la beauté de Miss Nouvelle-Flamme est à son paroxysme et c'est aussi la pièce dont les occupants gardent les yeux fermés pendant des heures pour ne pas risquer d'être ébloui par l'insupportable raffinement des courbes et des volumes. Imaginez le coucher estival chez les Blais-Dupuis-Déri.