Le secret
Seconde partie
(Première partie)
Les pédés,
moi, je n'ai rien contre. Pas personnellement. C'est juste que des
fois ça se baisse les culottes sur la rue Dorchester pendant la
parade. C'est juste ça. On ne le fait pas normalement; retenez vous
comme ça on pourra prétendre croire que votre statu de groupe
victime ne vous place pas au dessus des lois de la cité. Pour le
reste on s'en fout. Ne comptez pas sur moi pour faire monter
l'indice d'homophobie ambiante. Pédés je vous aime, je vous embrasse
la bouche fermée et je vous remonte les bobettes dans la craque. Ça
va comme ça? J'ai même assisté au défilé de la fierté cette année
c'est dire combien je suis gay-friendly. Il y avait de fort
jolies personnes mais quiconque peut voir au travers des vêtements
sait que c'étaient des travestis.
Le défilé
de la fierté nous bloque la circulation automobile tous les ans au
début août. Quelques jours avant c'était la semaine des gais avec
des festivités jusqu'à tard dans la veillée. Je devrais aller voir
les festivités l'an prochain. Je vais me trouver quelqu'un qui saura
me guider dans tout ça. Demain j'en sors un du placard.
Maintenant
on sait qu'il ne faut pas utiliser sa voiture ce jour là. La parade
des pédés ça ne dérange personne surtout qu'elle se déroule un
dimanche en plein centre ville. Il ne faut pas virer fou quand même.
Les organisateurs reçoivent leur subvention habituelle et les
politiciens se bousculent pour y participer. Cette année ils étaient
tous dans la même section. C'est pas que je sois jaloux mais... avez
vous déjà tenté d'organiser un colloque sur un sujet touchant la
condition masculine. Il n'y a jamais moyen d'obtenir ni l'aide de
l'État ni une tribune ni même l'accès à une salle de réunion à
l'Université. En prime, lors du congrès Paroles d'hommes,
c'était il y a quelques années, un groupe subventionné a tenté de
saboter l'événement. Louer deux autobus pour transporter les
manifestantes ce n'est pas à la porté de tous. Il y en a pour tout le monde mais pas pour
les hommes. Pourquoi? C'est une vieille histoire à laquelle personne
ne s'est encore intéressé dans les facultés d'études féministes.
(...) à
suivre.
Tout sur quoi et rien sur
comment.