La
naissance, la mort, l'amour sont des questions pour lesquelles il
faut accepter qu'il n'existera probablement jamais de réponse irréfutable. Les
réponses sont parfois logiques ou utiles mais on attend toujours les
réponses irréfutables. Prenez les bébés. Est-ce qu'on a seulement
une toute petite idée d'où ils viennent? Quelques mois avant sa
naissance Serge Laprade n'existait pas. Pensez-y c'est troublant. Je
l'aime bien celui là; je le trouve honnête avec son public. C'est
pas comme... passons. Si je me mordais la langue je pourrais
m'empoisonner.
Lors du
débat sur la question de l'avortement on avait tenté de déterminer à
quel moment de la grossesse l'avortement devient un infanticide. La
question est mal posée puisque rien ne permet d'établir
objectivement à quel moment de la grossesse l'ange devient un
enfant. Le processus est mystérieux; sur la question certains
fanatiques affirment que la vie commence au moment de la conception
alors que d'autres fanatiques affirment que la vie commence au
moment de l'accouchement et/ou de la naissance. Les deux
affirmations sont sans fondement. C'est comme débattre de
l'existence de Dieu; on n'en sait foutrement rien.
Le tribunal
a rendu sa décision en fonction du droit de la mère de disposer de
son corps. Au cours de la grossesse le corps de la mère et celui du
foetus forment ensemble un organisme inusité. Le tribunal a
considéré que la mère et le foetus sont deux organismes distincts et
que les droits de la mère ont préséance sur ceux du foetus. Voilà
une bonne question de réglée; pour clore le débat le tribunal a
déclaré que le foetus ne devient une personne légale qu'au moment de
sa naissance. On peut être en désaccord mais la décision du tribunal
a au moins la qualité de sa clarté.
Un tribunal
de la Floride débat actuellement d'une requête demandant de reconnaître le
droit des parents de mettre fin à la vie de leur enfant mineur.
L'argument évoqué est que, pendant la grossesse, les droits de la
mère ont préséance sur ceux du foetus en raison de l'état de
dépendance de ce dernier. Les requérants, c'est ainsi qu'on nomme
les parents devant le tribunal, affirment que l'état de dépendance
de l'enfant envers ses parents se poursuit jusqu'à sa majorité. Ce
qu'ils réclament c'est ni plus ni moins que le droit à un avortement
tardif. Ils sont comme ça les américains.
Il est
improbable que le législateur autorise un jour les parents à retenir
les services d'un partisan de l'euthanasie pour les aider à se
débarrasser d'une pas-d'allure qui leur empoisonne l'existence. Je
soupçonne une suite au procès qui se déroule en Floride. Vous verrez
des fanatiques manifester en brandissant des broches à tricoter ou
des quinquagénaires difformes pousser le landau d'un bébé loué. On
s'interroge sur les droits qu'auraient parents sur la vie de leur
enfant mineur. C'est sain. Qu'on le fasse; ça ne pouvait plus
continuer.