La Gazette des gonzes


Le 28 août 2009

Yves Pageau

Serge Laprade

La naissance, la mort, l'amour sont des questions pour lesquelles il faut accepter qu'il n'existera probablement jamais de réponse irréfutable. Les réponses sont parfois logiques ou utiles mais on attend toujours les réponses irréfutables. Prenez les bébés. Est-ce qu'on a seulement une toute petite idée d'où ils viennent? Quelques mois avant sa naissance Serge Laprade n'existait pas. Pensez-y c'est troublant. Je l'aime bien celui là; je le trouve honnête avec son public. C'est pas comme... passons. Si je me mordais la langue je pourrais m'empoisonner.

Lors du débat sur la question de l'avortement on avait tenté de déterminer à quel moment de la grossesse l'avortement devient un infanticide. La question est mal posée puisque rien ne permet d'établir objectivement à quel moment de la grossesse l'ange devient un enfant. Le processus est mystérieux; sur la question certains fanatiques affirment que la vie commence au moment de la conception alors que d'autres fanatiques affirment que la vie commence au moment de l'accouchement et/ou de la naissance. Les deux affirmations sont sans fondement. C'est comme débattre de l'existence de Dieu; on n'en sait foutrement rien.

Le tribunal a rendu sa décision en fonction du droit de la mère de disposer de son corps. Au cours de la grossesse le corps de la mère et celui du foetus forment ensemble un organisme inusité. Le tribunal a considéré que la mère et le foetus sont deux organismes distincts et que les droits de la mère ont préséance sur ceux du foetus. Voilà une bonne question de réglée; pour clore le débat le tribunal a déclaré que le foetus ne devient une personne légale qu'au moment de sa naissance. On peut être en désaccord mais la décision du tribunal a au moins la qualité de sa clarté.

Un tribunal de la Floride débat actuellement d'une requête demandant de reconnaître le droit des parents de mettre fin à la vie de leur enfant mineur. L'argument évoqué est que, pendant la grossesse, les droits de la mère ont préséance sur ceux du foetus en raison de l'état de dépendance de ce dernier. Les requérants, c'est ainsi qu'on nomme les parents devant le tribunal, affirment que l'état de dépendance de l'enfant envers ses parents se poursuit jusqu'à sa majorité. Ce qu'ils réclament c'est ni plus ni moins que le droit à un avortement tardif. Ils sont comme ça les américains.

Il est improbable que le législateur autorise un jour les parents à retenir les services d'un partisan de l'euthanasie pour les aider à se débarrasser d'une pas-d'allure qui leur empoisonne l'existence. Je soupçonne une suite au procès qui se déroule en Floride. Vous verrez des fanatiques manifester en brandissant des broches à tricoter ou des quinquagénaires difformes pousser le landau d'un bébé loué. On s'interroge sur les droits qu'auraient parents sur la vie de leur enfant mineur. C'est sain. Qu'on le fasse; ça ne pouvait plus continuer.