La Gazette des gonzes


Le 4 septembre 2009

Yves Pageau

L'égalité est un glaive redoutable

Le terrorisme, le mot le dit, consiste à utiliser la peur pour provoquer un comportement que d'autres formes de négociation n'ont pas su amener. Ne me souhaitez pas d'avoir à en découdre avec un acte de terrorisme; j'ai toujours dit qu'il ne faut pas négocier tant que les terroristes n'ont pas mis leur menace à exécution. C'est plus facile à dire qu'à faire, je le reconnais, mais on ne doit jamais négocier quand on est en position de faiblesse. Les négociations de la guerre des sexes sont maintenant ouvertes: l'otage a été descendu.

Au Québec les hommes ont la réputation de ne plus mordre à l'hameçon conjugal. Les conditions qui prévalent ne les intéressent pas. Il y a des reproches dans la conversation qui entoure la publication aux Éditions de l'Homme du bouquin intitulé Les Québécois ne veulent plus draguer et encore moins séduire. Il y a souvent des reproches quand les hommes s'approprient les diktats fémicentristes.

On avait parlé de discrimination positive pour rétablir les erreurs du passé? Il faudrait qu'après une rupture conjugale la garde des enfants soit accordée systématiquement aux pères qui en font la demande. Discrimination positive. Nous avions été menacés d'exclusion sociale si nous refusions d'incarner le tapis dans une relation de couple. C'est fait; nous avons été exclus de nos familles, de la vie de nos enfants, de nos projets de vie. Y a-t-il autre chose à ajouter? L'égalité est un couteau dont la lame n'a pas de côté mousse. Quand on parlera d'arrêt des hostilités il faudra obtenir une reddition avec compensations. La fin de la guerre des sexes sera marquée par son Traité de Versailles.

L'idée n'est pas nouvelle. Elle consiste à mettre soi même à exécution les menaces qui pèsent contre soi. Dès que la pratique est établie les menaces deviennent inutiles. Pourquoi le Barreau du Québec, le ministre fédéral de la Justice et tous les députés du Bluff Québécois se sont-ils opposés au projet de loi C-422 qui propose d'accorder la garde partagée aux deux parents à la suite d'une rupture conjugale. Ça placerait les conjoints sur un pied d'égalité; les féministes détestent l'idée que les hommes aient droit au même genre d'égalité que les femmes.

Il n'est pas loin le jour où des manifestants défileront devant les églises pendant les mariages pour en appeler à l'esprit de résistance des gars. Qui accepterait de passer sa vie sous la menace d'une rupture dévastatrice? Tant que la famille n'aura pas subi une transformation importante il ne faut plus tenter sa chance.