La Gazette des gonzes


Le 24 septembre 2009

Yves Pageau

C'est aux femmes de décider

Imaginez une société où toutes les décisions concernant la famille sont la responsabilité des hommes. Ce sont eux qui décident du nombre d'enfants qu'ils auront, du moment où ils les auront et de l'identité des femmes avec qui ils auront ces enfants. Dans cette société, contrairement à la notre, la fonction reproductrice relève des hommes. Ce sont eux qui décident de la façon dont les femmes utilisent leur capacité reproductrice. De savants sociologues auraient cherché à comprendre l'influence de cette particularité sur le développement de la civilisation qui en découlé. Leurs recherches auraient mérité qu'on s'y intéresse. Ils auraient conclu que dans tout groupe social la structure familiale détermine la nature de la société qui en découle.

Au Québec, sous prétexte que le droit à l'avortement est inaliénable et exclusivement féminin les hommes sont privés de leur fonction reproductrice. Leur décision d'avoir ou de ne pas avoir un enfant ne leur appartient plus. Il ne faudrait pas s'étonner que les mâles reproducteurs se fassent rare au point il est maintenant normal de déposer une goutte de sauce Tabasco dans le condom usagé afin d'éviter que son contenu ne serve à une insémination discrète et coûteuse.

L'autre société, celle dont il est question plus haut, n'est pas nécessairement formée de Pygmées portant un os au travers du nez ou un étui pénien autour de leur interminable appât. Cette description aurait pu s'appliquer à n'importe quelle famille où l'homme n'est pas tenu de jouer le rôle du paillasson de madame. Renversez les rôles et vous obtenez une description fidèle de la société dans laquelle vous vivez. C'est aux femmes de décider est aussi le titre de la célébration de l'avortement prévue dans quelques jours à Montréal.

Nous avons fait des choix qui déterminent l'implosion imminente de notre civilisation. C'est drôle un bout mais quand il sera trop tard pour regretter nos erreurs il est probable que la prochaine génération maudira les choix que nous, leurs ancêtres, auront fait pour eux. Que leur dirons nous quand, en chemin vers le cimetière, nous croisons leur regard réprobateur?