Pervers narcissique
Narcisse
n'a jamais existé. Pas plus que mon ami Hermès et toute sa joyeuse
parenté de super-héros. Il existe pourtant un peu de Narcisse dans
la personnalité de chacun et même beaucoup dans la personnalité de
ceux qui nous pompent l'air. On dit de quelqu'un qu'il a une
personnalité narcissique quand il a de la difficulté à passer devant
un miroir sans admirer celui qu'il y aperçoit. Dans l'histoire que
des Grecs ont laissé Narcisse est un beau jeune homme qui n'écoute
pas quand on tente de lui parler. Il est mort noyé en tentant
d'embrasser sa réflexion dans l'eau d'un lac; c'est dire combien il
était amoureux de lui-même. Ce qu'on sait moins c'est que sa fiancée
s'appelait Écho. Pour plaire au beau bonhomme elle n'avait qu'à
répéter ce qu'il avait dit. Aujourd'hui encore on peut entendre Écho
le soir au bord du lac dans lequel Narcisse s'est noyé.
Le
narcissime, comme les tranches napolitaines, comporte trois
catégories. Au fond on trouve un narcissisme sain et nécessaire sans
lequel on ne pourrait survivre. Pour survivre il faut quand même
s'aimer un peu. C'est le narcissme à la vanille.
Au milieu
il y a les personnalités narcissiques, ceux qui nous pompent l'air,
les casse-pieds, les politiciens. Personne ne cherche leur compagnie
et ces gens là n'ont besoin de personne pour être comblé. C'est le
narcissisme aux fraises.
Tout au
dessus il y a les pervers narcissiques: une peste, une pathologie.
Il ne suffit pas à un pervers narcissique de se délecter en sa
propre compagnie mais il lui faut aussi, et peut-être surtout,
anéantir ceux qui l'entourent pour affirmer sa supériorité. Fuyez;
les pervers narcissiques sont des êtres toxiques. Ce sont des
déchets dangereux, les BPC de la société. Il n'y a rien à faire
d'autre que de les éviter. C'est le narcissisme au chocolat.
La
personnalité du féminisme contemporain est celle d'un pervers
narcissique. En sa présence on aura toujours tort et si on tente de
corriger les mensonges qu'il répand à son sujet ce sera retenu
contre soi.
Il n'y a rien à faire avec cette engeance que d'agiter en sa
direction un crucifix
abondamment béni. Ça ne servirait à rien de se
contenter de rentrer la tête dans les épaules; le problème ne
disparaître pas avant qu'on lui fasse sa fête.