On ne sent la haine que si on en est l'objet.
Quand on est une femme on en profite et on se fait croire que ce
n'est que de la justice, que si les hommes rouspètent c'est
parce, dans le processus ils perdent des privilèges. On dirait
un roman de Franz Kafka n'est-ce pas? Alors on lève le ton juste
un peu pour s'assurer d'être entendu. Croyez-vous que nous
l'avons été? Il n'y a rien à faire; tous les micros sont morts.
Ça ne donne rien d'insister. Du coup tous les passages sont fermés. Le féminisme
s'est mis en mode défensif; il sent le pipi de vieille fille.
Pourtant le message percole.
Le meilleur système de défense pourrait très
bien être celui du hérisson. Il se roule en boule et il attend
que le danger s'éloigne. C'est bien quand on a du temps, des
réserve et pas trop envie de pisser. Les premiers signes du
repli féministe remontent à 2002 quand La Gazette des femmes avait
publié un texte d'Ariane Emond sur le ressac masculiniste. C'est
pas pour me vanter mais le ressac en question c'était moi. Avec
le féministes qui lui faisait de la publicité l'achalandage du
site a dépassé les 1600 visiteurs par jour. Au premiers
signes de critique elles se sont empressées de sonner la
Cavalerie. C'était une erreur. Quand l'ampli est à dix on
ne peut plus monter le volume.
Depuis? Pas grand chose. Les féministes d'État,
celles qui ne représentent personne et dont nous payons tous le
salaire, refusent le dialogue. Est-ce parce que la position
qu'elles défendent ne supporterait pas la discussion? Nous
sommes nombreux à le croire. Maintenant la misandrie a changé de
nom. Elle s'appelle égalité. Quand on s'objecte à la misandrie
ambiante on vous accuse d'être réfractaire à l'égalité, d'être
contre-les-femmes, d'être un masculiniste misogyne. C'est l'un
ou c'est l'autre, quand on est l'un c'est qu'on n'est pas
l'autre. Avec toutes ces imminentes chercheuses dans le domaine
des études du poil frisé il se pourrait qu'on découvre un jour
la façon d'être en relation autrement qu'en
cherchant à détruire l'autre. Je sais comment mais si c'est moi
qui le dit ça ne comptera pas.