Le 18 mai 2010

 

Yves Pageau...
À qui la classe médiatique convient de ne pas offrir de tribune.

Le Tao des genres

Il y a deux catégories de partie de pèche. Celle dont je parle appartient à la seconde catégorie. Ça se passe au nord de LaTuque, au sud de Chibougamau, à mi-chemin entre l'Abitibi et le Lac Saint-Jean. Si vous dites creux c'est que vous vous apprêtez à parler du Réservoir Gouin. Quand l'Apartheid féministe aura perdu tout sens de la mesure et que le moment sera venu de partager le territoire entre les hommes et les femmes je ferai parti du comité voué à garder le Réservoir Gouin pour les hommes. S'il n'y a pas d'Inuit c'est que la mouche noire en est venu à bout. Pour le village indien il faut pousser en canot vers le nord à partir de la fin du chemin forestier. L'endroit est tellement vaste qu'on trouverait normal d'en lâcher une délicieuse dans l'eau du lac. Après tout les ours et les orignaux le font déjà; un chétif citadin ne risque pas de provoquer un choc sceptique dont les échos résonnent jusqu'au Ministère des forêts. Ce n'est pas comme si le festival du cochon de Sainte-Perpétue était l'occasion pour les participants et leur cheptel d'aller faire une saucette dans le réservoir d'eau potable de la municipalité. C'est une question de mesure.

Si je cause d'environnement c'est parce que l'entourage des pisse-assis est devenu toxique. Je trouve suspecte l'indulgence que s'accordent tous ces porteurs de Ruban-blanc. Ils pointent en direction du Marc Lépine qui se cache dans le cœur de chaque homme comme le Christ ressuscité dans le cœur du communiant. Ils évitent de reconnaître l'existence de leur pensionnaire intérieur. Pourquoi s'accordent-ils une dispense quand ils accusent le masculin d'être moralement inférieur? Le pisse-assis sait-il que l'accusation qu'il porte envers tous les hommes, excepté lui-même, d'autres la portent envers tous les hommes incluant lui-même.

Le pissassisme est une doctrine indéfendable. Sa fonction consiste à déterminer la valeur morale de chacun selon son sexe. Le pisse-assis croit avoir atteint l'extrémité supérieure de la masculinité tout près du point d'équilibre entre les hommes-abjects et les femmes-sublimes. Il est le Tao des genres à lui tout seul. Il délire selon un axe de la réalité qui ne souffre pas le questionnement. C'est une tentative de rédemption par trahison du groupe auquel appartient le pisse-assis. On a vu ça souvent au cinéma; c'était l'époque où il fallait éviter d'admettre qu'on a trahi les copains. Au moment de ses funérailles on dira du bien du pisse-assis. On n'aura pas le choix.