Le 14 juin 2010

Yves Pageau... À qui la classe médiatique convient de refuser la tribune.

Menstruations

C'est quand on n'a rien à faire qu'on fait des gaffes. L'histoire s'est produite à un endroit que je ne nommerai pas. Il faut bien que les journalistes servent à quelque chose. J'omettrai les détails croustillants. L'histoire est celle d'un organisme consultatif en matière de privilèges accordés aux membres de la majorité opprimante. C'est l'équivalent du Conseil du statut de la femme; si l'histoire se déroule au Québec il s'agit du CSF. Qu'offre-t-on à quelqu'un qui dispose du nécessaire et du superflu? L'organisme consultatif en question a considéré la possibilité d'offrir un congé-menstruations aux femmes. La formule a été mise à l'essai auprès du personnel de l'organisme consultatif en question. Dix jours de congé par année ça ne se refuse pas. L'intention était bonne: offrir un avantage aux femmes sans être accusé de sexisme.

 Il ne fallait pas que l'avantage offert aux employées incite les entreprises à favoriser l'embauche de travailleurs masculins. On a opté pour la formule du congé-maladie et du congé sans solde quand la banque des congés-maladie est épuisée. Du coup les congés-maladie ont été rebaptisés congés-repos. Il fallait éviter d'associer les menstruations à l'idée de maladie. Des entreprises œuvrant dans le domaine de l'agro-alimentaire en ont profité pour inciter les femmes à prendre un congé-repos pendant la période de leurs menstruations. C'en est trop; l'idée d'instaurer des congés-menstruation a été abandonnée. Les entreprises œuvrant dans le secteur agro-alimentaire sont maintenant soupçonné d'avoir favorisé l'embauche de personnel masculin.

Il y a un peu plus que cent ans on avait pensé établir une séparation entre l'Église et l'État. Il faudrait procéder à la séparation du féminisme et de l'État avant qu'on ait l'idée de créer un ministère des couilles qui pendouillent.