Menstruations
C'est quand on n'a rien à faire qu'on fait des gaffes. L'histoire
s'est produite à un endroit que je ne nommerai pas. Il faut bien que
les journalistes servent à quelque chose. J'omettrai les
détails croustillants.
L'histoire est celle d'un organisme consultatif en matière de
privilèges accordés aux membres de la majorité opprimante.
C'est l'équivalent du Conseil du statut de la femme; si l'histoire se
déroule au Québec il s'agit du CSF. Qu'offre-t-on à quelqu'un qui
dispose du nécessaire et du superflu? L'organisme consultatif en
question a considéré la possibilité d'offrir un
congé-menstruations aux femmes. La formule a été mise à l'essai
auprès du personnel de l'organisme consultatif en question. Dix
jours de congé par année ça ne se refuse pas. L'intention était
bonne: offrir un avantage aux femmes sans être accusé de sexisme.
Il ne fallait pas que l'avantage offert aux employées incite
les entreprises à favoriser l'embauche de travailleurs masculins. On
a opté pour la formule du congé-maladie et du congé sans solde quand
la banque des congés-maladie est épuisée. Du coup les congés-maladie
ont été rebaptisés congés-repos. Il fallait éviter d'associer les
menstruations à l'idée de maladie. Des entreprises œuvrant dans le
domaine de l'agro-alimentaire en ont profité pour inciter les femmes
à prendre un congé-repos pendant la période de leurs menstruations.
C'en est trop; l'idée d'instaurer des congés-menstruation a été
abandonnée. Les entreprises œuvrant dans le secteur agro-alimentaire
sont maintenant soupçonné d'avoir favorisé l'embauche de personnel
masculin.
Il y a un peu plus que cent ans on avait pensé établir une
séparation entre l'Église et l'État. Il faudrait procéder à la
séparation du féminisme et de l'État avant qu'on ait l'idée de créer
un ministère des couilles qui pendouillent.