Le 10 août 2010

 

Yves Pageau...

C'est léger comme dans débile léger

Imaginez-vous quarante neuf femmes assassinées par le même maniaque. Le maniaque en question se débarrassait des corps en les donnant à manger à ses cochons. Juste des femmes; des prostituées pour la plupart. On dit qu'il n'y a pas de sot métier; il y a pourtant des choix de carrière moins désirables. Quarante-neuf femmes et pas un mot au sujet de la légendaire violence faite aux femmes. Dans ce cas-ci ce serait différent. C'est ça qui me chicotte. Pourquoi? Il n'y a pas d'explication.

Le féminisme c'est comme la liturgie. Il n'y a rien à comprendre. J'aurais été aussi loin que d'accepter de participer à une discussion au sujet de la non-existence ou de l'existence de Dieu. Pas plus loin. Quand on tente de faire croire à l'existence du vin changé en sang aux propriétés salvatrices et qui continue de ressembler au vin d'origine je dis halte. C'est la même chose avec les féministes et la légende de l'école Polytechnique. Mélissa chérie a publié un traité de théologie féministe dans lequel elle explique les liens ésotériques entre Marc Lépine et le reste de l'univers. Le résultat est hallucinant surtout qu'il est livré avec le talent d'une adolescente coincée.

Quand mon chauffeur est en congé il m'arrive de prendre le métro. Je trouve parfois un dépliant de propagande chrétienne. Ça ne m'a jamais incité à chanter la gloire de Dieu à m'en démettre la glotte. Ces choses là ne servent que les convertis; les évangélistes auraient besoin de cibler leur marché. C'est pareil pour la théologie féministe. Entre-nous, qui donc lira le traité que signe la belle Mélissa? Parmi ceux qui l'auront lu combien seront saisi d'une foi renouvelée un féminisme renforcée? La cosmogonie selon Mélissa n'est accessible qu'aux initiés.

Il aurait fallu, pour que l'ouvrage soit utile, y mettre de l'enthousiasme. Le drame de Poly et la condition des femmes? Je suis de ceux qui ne se donnent pas la peine de communier quand je vais à un mariage ou à un enterrement. Il faut trouver mieux, seulement voilà, il n'y a pas mieux. Si on acceptais d'en discuter il faudrait aussi accepter d'ouvrir la conversation à ceux qu'on met beaucoup d'effort à feindre d'ignorer. Vous savez bien ces gens qu'on dit être les égaux des femmes mais qui n'ont pas l'usage de la parole. Quand on est féministe on fait comme si les hommes n'existaient qu'à titre de gros macho. Ça donne l'ouvrage de Mélissa. Je me demande d'ailleurs pourquoi ça s'appelle un ouvrage. C'est léger comme dans débile léger.