Manifeste du
Courageux Citoyen
Le Manifeste du
courageux citoyen est une déclaration, une prise de position. En
l’endossant ou en refusant d’y adhérer, chacun astique sa lampe d’Aladin
et formule le souhait d’induire à la civilisation soit le sens indiqué
dans le Manifeste du courageux citoyen ou un sens différent de
celui qui y est indiqué.
Le Manifeste du
courageux citoyen n’est ni un groupe auquel on adhère ni l’engagement
de respecter un quelconque code d’éthique. Il ne s’agit que d’un vœu, une
direction donnée, une histoire inventée. C’est un moment de réflexion au
cours duquel le citoyen s’interroge sur le sens qu’il entend donner à la
civilisation à laquelle il participe.
Dans le passé à
chaque fois que le vent de l’Histoire a pris une direction, c’est que
quelqu’un s’était donné la peine de faire une déclaration. Si toutes les
déclarations n’ont pas eu des conséquences importantes, il n’est pas
improbable que tous les moments historiques aient été la conséquence d’une
déclaration.
Le Manifeste du
courageux citoyen n’est rien d’autre que le texte qu’il contient. Il
ne faut y chercher ni une conspiration occulte ni l’adhésion à une
improbable société que formeraient entre eux ses signataires. Le
Manifeste du courageux citoyen est une réponse aux questions que pose
le culte de l’individualisme immédiat. À la destination, il oppose le
trajet. À l’immédiat, il oppose la durée. À l’individu il oppose la
civilisation. Au profane, il oppose le sacré.
***
Le courageux
citoyen refuse d’être motivé par la peur. Il laisse le vent de
l’Histoire souffler en lui. Il place sa mission au dessus de ses intérêts
individuels. Il surmonte les peurs qui entravent l’accomplissement de son
devoir, la peur de la répression, la peur du ridicule, la peur de la
critique, la peur de la solitude, la peur de l’adversité. Il choisit le
courage.
Le courageux
citoyen est engagé à favoriser la transmission du code génétique des
lignées dont il est issu. Que serait la civilisation sans les têtes
blondes et les beaux frisés qui nous font basculer dans le monde des
ancêtres? Les racines de l’arbre familial, nos ancêtres, souhaitaient leur
descendance nombreuse et prospère. Les descendants de chacun sont destinés
à s’unir pour faire de nous tous, les contemporains, leurs ancêtres
communs. Les Courageux citoyens sont frères autant par leur ascendance que
par leur descendance.
Le courageux
citoyen est engagé à léguer aux générations suivantes la meilleure
civilisation possible. Pour que leur descendance soit nombreuse et
prospère, les ancêtres ont légué une civilisation qu’ils souhaitaient
saine et prospère. Les accidents de l’histoire causent parfois des ratés;
il n’est pas impossible que les générations suivantes héritent des
conséquences des erreurs de leurs aînés. Le courageux citoyen est
responsable de la civilisation qu’il entend laisser à ses descendants.
Quand c’est nécessaire, le courageux citoyen rappelle à ses
contemporains l’importance, au mieux, d’enrichir la civilisation ou, du
moins, d’éviter de l’appauvrir. Il s’engage à laisser à sa descendance un
environnement sain, des richesses renouvelables, des structures sociales
et politiques adéquates et une saine gestion de la richesse collective.
Le courageux
citoyen est engagé envers la famille. Il la considère comme la
base d’une société saine et le vecteur privilégié de transmission de la
civilisation. Qu’importe le taux de fécondité, on n’a encore rien trouvé
de mieux que la famille pour amener les poupons vers la maturité. La
famille est un lieu de résolution de conflit, d’apprentissage, de
croissance, de gestion de la richesse et de transmission du bagage
culturel. Sans la protection de la famille, les jeunes sont vulnérables.
La famille est le rempart contre les excès que la cité a tendance à
exercer envers les citoyens. L’Histoire a fait la démonstration qu’il ne
peut y avoir de société saine sans le respect des racines familiales. Le
courageux citoyen considère qu’il n’y a pas de meilleur modèle de
famille que celui qui est basé sur l’union entre un homme et une femme
qui, ensemble, donnent naissance et mènent à leur maturité des enfants
dont ils sont les géniteurs.
Le courageux
citoyen est engagé envers la stabilité de l’union conjugale. Il
lutte contre les facteurs qui favorisent son éclatement. Par égard pour la
famille et par égard pour la civilisation qui en dépend, le Courageux
citoyen est engagé à favoriser l’union conjugale et à contrecarrer les
obstacles qui pourraient la miner.
Le courageux
citoyen déclare le lien filial sacré, inaliénable et essentiel à la
transmission de la civilisation. Il est engagé à favoriser le droit
sacré et le privilège du descendant de maintenir sa vie durant un lien
significatif avec chacun des membres de sa famille étendue. Le
courageux citoyen considère que toute entrave à l’exercice de ce droit
sacré constitue un sacrilège et un crime envers la civilisation.
Parce que le
courageux citoyen est engagé envers l’épanouissement de la
civilisation il a à cœur l’épanouissement du potentiel humain des
individus qui y participent. Il fera preuve de bienveillance ou
manifestera son désaccord pour contribuer à maintenir ses frères humains
sur la voie qui favorise l’épanouissement de leur potentiel.
Le courageux citoyen est engagé à empêcher les
manipulations génétiques.
Quand bien même la science permet de modifier le matériel génétique
naturel dont il a hérité, le courageux citoyen considère que ces
modifications comportent des inconvénients qui dépassent les avantages
pour la civilisation envers laquelle il est engagé.
Le courageux
citoyen se place au service de l’Honneur. Il défend la dignité,
s’engage à aider autrui à défendre sa propre dignité ainsi que les valeurs
auxquelles il adhère. Il accepte la critique envers les valeurs qu’il
s’est engagé à défendre. Il est disposé à en discuter le bien-fondé.
Le courageux
citoyen s’engage à remettre en question les idées reçues, il assume
les conséquences de sa dissidence. Le courageux citoyen refuse
d’adhérer à la pensée grégaire.
Le
courageux citoyen accepte la mort. C’est
parce qu’il accepte le cycle de la vie qu’il entrevoit le moment de sa
disparition avec sérénité. Il sait qu’il
est nécessaire à la suite de la civilisation envers laquelle il est
engagé. Il mène sa vie pour qu’au moment de sa mort il n’ait pas à avoir
honte de ce qu’il laisse derrière lui.
Le courageux
citoyen refuse d’aliéner sa souveraineté sur les affaires de la cité.
Il réclame le contrôle du citoyen sur l’administration de la richesse
collective. Il est engagé à lutter contre la corruption. Le courageux
citoyen favorise le fonctionnement d’un régime démocratique où la
souveraineté sur les affaires de la cité repose entre les mains du
citoyen. Il refuse de confier sa souveraineté aux représentants de la cité
à qui il confie le mandat de le représenter. Il est engagé
à ce que la cité
favorise les intérêts de la collectivité, ceux de ses contemporains et
ceux de ses descendants. Il est engagé à ce que les ressources de la cité ne
soient pas gaspillées ni qu’elles ne soient mises à la disposition
d’intérêts privés.
Le courageux
citoyen respecte la vie privée. Il défend l’idée que son
respect favorise l’existence d’une civilisation saine et prospère. Il agit
pour éviter que la cité ne s’immisce inutilement dans la vie des
individus. Il cherche l’équilibre entre le droit des individus de défendre
des positions qui contreviennent à l’idéologie dominante et les conditions
qui favorisent l’existence d’une civilisation saine et prospère. Il
s’oppose aux totalitarismes et considère que la cité a une tendance
naturelle à défendre un unanimisme malsain. Il s’assure de contrer les
conditions qui pourraient nuire inutilement à l’expression de la
dissidence. Le courageux citoyen est subversif.
Le courageux
citoyen reconnaît qu’il existe une hiérarchie dans l’échelle des
valeurs. Il accorde une importance primordiale à la fraternité
humaine, au sens du sacré et au sens du devoir. Il refuse de croire que
tout est d’égale valeur, que rien n’est sacré, que toutes les croyances
sont équivalentes et que les humains sont des individus homogènes et
interchangeables. Il reconnaît que des distinctions existent, il s’efforce
d’en saisir la portée et remet continuellement en question l’ordre des
valeurs auxquelles il adhère.
Le courageux
citoyen agit. Il est toujours responsable de tout pour tous. Il ne
tolère pas l’intolérable sous prétexte de ne rien pouvoir y changer. Il
cherche les meilleures façons d’agir pour induire les changements
souhaités.