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Manifeste du Courageux Citoyen

Le Manifeste du courageux citoyen est une déclaration, une prise de position. En l’endossant ou en refusant d’y adhérer, chacun astique sa lampe d’Aladin et formule le souhait d’induire à la civilisation soit le sens indiqué dans le Manifeste du courageux citoyen ou un sens différent de celui qui y est indiqué.

Le Manifeste du courageux citoyen n’est ni un groupe auquel on adhère ni l’engagement de respecter un quelconque code d’éthique. Il ne s’agit que d’un vœu, une direction donnée, une histoire inventée. C’est un moment de réflexion au cours duquel le citoyen s’interroge sur le sens qu’il entend donner à la civilisation à laquelle il participe.

Dans le passé à chaque fois que le vent de l’Histoire a pris une direction, c’est que quelqu’un s’était donné la peine de faire une déclaration. Si toutes les déclarations n’ont pas eu des conséquences importantes, il n’est pas improbable que tous les moments historiques aient été la conséquence d’une déclaration.

Le Manifeste du courageux citoyen n’est rien d’autre que le texte qu’il contient. Il ne faut y chercher ni une conspiration occulte ni l’adhésion à une improbable société que formeraient entre eux ses signataires. Le Manifeste du courageux citoyen est une réponse aux questions que pose le culte de l’individualisme immédiat. À la destination, il oppose le trajet. À l’immédiat, il oppose la durée. À l’individu il oppose la civilisation. Au profane, il oppose le sacré.

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Le courageux citoyen refuse d’être motivé par la peur. Il laisse le vent de l’Histoire souffler en lui. Il place sa mission au dessus de ses intérêts individuels. Il surmonte les peurs qui entravent l’accomplissement de son devoir, la peur de la répression, la peur du ridicule, la peur de la critique, la peur de la solitude, la peur de l’adversité. Il choisit le courage.

Le courageux citoyen est engagé à favoriser la transmission du code génétique des lignées dont il est issu. Que serait la civilisation sans les têtes blondes et les beaux frisés qui nous font basculer dans le monde des ancêtres? Les racines de l’arbre familial, nos ancêtres, souhaitaient leur descendance nombreuse et prospère. Les descendants de chacun sont destinés à s’unir pour faire de nous tous, les contemporains, leurs ancêtres communs. Les Courageux citoyens sont frères autant par leur ascendance que par leur descendance.

Le courageux citoyen est engagé à léguer aux générations suivantes la meilleure civilisation possible. Pour que leur descendance soit nombreuse et prospère, les ancêtres ont légué une civilisation qu’ils souhaitaient saine et prospère. Les accidents de l’histoire causent parfois des ratés; il n’est pas impossible que les générations suivantes héritent des conséquences des erreurs de leurs aînés. Le courageux citoyen est responsable de la civilisation qu’il entend laisser à ses descendants. Quand c’est nécessaire, le courageux citoyen rappelle à ses contemporains l’importance, au mieux, d’enrichir la civilisation ou, du moins, d’éviter de l’appauvrir. Il s’engage à laisser à sa descendance un environnement sain, des richesses renouvelables, des structures sociales et politiques adéquates et une saine gestion de la richesse collective.

Le courageux citoyen est engagé envers la famille. Il la considère comme la base d’une société saine et le vecteur privilégié de transmission de la civilisation. Qu’importe le taux de fécondité, on n’a encore rien trouvé de mieux que la famille pour amener les poupons vers la maturité. La famille est un lieu de résolution de conflit, d’apprentissage, de croissance, de gestion de la richesse et de transmission du bagage culturel. Sans la protection de la famille, les jeunes sont vulnérables. La famille est le rempart contre les excès que la cité a tendance à exercer envers les citoyens. L’Histoire a fait la démonstration qu’il ne peut y avoir de société saine sans le respect des racines familiales. Le courageux citoyen considère qu’il n’y a pas de meilleur modèle de famille que celui qui est basé sur l’union entre un homme et une femme qui, ensemble, donnent naissance et mènent à leur maturité des enfants dont ils sont les géniteurs.

Le courageux citoyen est engagé envers la stabilité de l’union conjugale. Il lutte contre les facteurs qui favorisent son éclatement. Par égard pour la famille et par égard pour la civilisation qui en dépend, le Courageux citoyen est engagé à favoriser l’union conjugale et à contrecarrer les obstacles qui pourraient la miner.

Le courageux citoyen déclare le lien filial sacré, inaliénable et essentiel à la transmission de la civilisation. Il est engagé à favoriser le droit sacré et le privilège du descendant de maintenir sa vie durant un lien significatif avec chacun des membres de sa famille étendue. Le courageux citoyen considère que toute entrave à l’exercice de ce droit sacré constitue un sacrilège et un crime envers la civilisation.

Parce que le courageux citoyen est engagé envers l’épanouissement de la civilisation il a à cœur l’épanouissement du potentiel humain des individus qui y participent. Il fera preuve de bienveillance ou manifestera son désaccord pour contribuer à maintenir ses frères humains sur la voie qui favorise l’épanouissement de leur potentiel.

Le courageux citoyen est engagé à empêcher les manipulations génétiques. Quand bien même la science permet de modifier le matériel génétique naturel dont il a hérité, le courageux citoyen considère que ces modifications comportent des inconvénients qui dépassent les avantages pour la civilisation envers laquelle il est engagé.

Le courageux citoyen se place au service de l’Honneur. Il défend la dignité, s’engage à aider autrui à défendre sa propre dignité ainsi que les valeurs auxquelles il adhère. Il accepte la critique envers les valeurs qu’il s’est engagé à défendre. Il est disposé à en discuter le bien-fondé.

Le courageux citoyen s’engage à remettre en question les idées reçues, il assume les conséquences de sa dissidence. Le courageux citoyen refuse d’adhérer à la pensée grégaire.

Le courageux citoyen accepte la mort. C’est parce qu’il accepte le cycle de la vie qu’il entrevoit le moment de sa disparition avec sérénité. Il sait qu’il est nécessaire à la suite de la civilisation envers laquelle il est engagé. Il mène sa vie pour qu’au moment de sa mort il n’ait pas à avoir honte de ce qu’il laisse derrière lui.

Le courageux citoyen refuse d’aliéner sa souveraineté sur les affaires de la cité. Il réclame le contrôle du citoyen sur l’administration de la richesse collective. Il est engagé à lutter contre la corruption. Le courageux citoyen favorise le fonctionnement d’un régime démocratique où la souveraineté sur les affaires de la cité repose entre les mains du citoyen. Il refuse de confier sa souveraineté aux représentants de la cité à qui il confie le mandat de le représenter. Il est engagé à ce que la cité favorise les intérêts de la collectivité, ceux de ses contemporains et ceux de ses descendants. Il est engagé à ce que les ressources de la cité ne soient pas gaspillées ni qu’elles ne soient mises à la disposition d’intérêts privés.

Le courageux citoyen  respecte la vie privée. Il défend l’idée que son respect favorise l’existence d’une civilisation saine et prospère. Il agit pour éviter que la cité ne s’immisce inutilement dans la vie des individus. Il cherche l’équilibre entre le droit des individus de défendre des positions qui contreviennent à l’idéologie dominante et les conditions qui favorisent l’existence d’une civilisation saine et prospère. Il s’oppose aux totalitarismes et considère que la cité a une tendance naturelle à défendre un unanimisme malsain. Il s’assure de contrer les conditions qui pourraient nuire inutilement à l’expression de la dissidence. Le courageux citoyen est subversif.

Le courageux citoyen reconnaît qu’il existe une hiérarchie dans l’échelle des valeurs. Il accorde une importance primordiale à la fraternité humaine, au sens du sacré et au sens du devoir. Il refuse de croire que tout est d’égale valeur, que rien n’est sacré, que toutes les croyances sont équivalentes et que les humains sont des individus homogènes et interchangeables. Il reconnaît que des distinctions existent, il s’efforce d’en saisir la portée et remet continuellement en question l’ordre des valeurs auxquelles il adhère.

Le courageux citoyen agit. Il est toujours responsable de tout pour tous. Il ne tolère pas l’intolérable sous prétexte de ne rien pouvoir y changer. Il cherche les meilleures façons d’agir pour induire les changements souhaités.